‘Le temple spirituel’ par saint Augustin

« (…) Il faut donc réaliser spirituellement dans nos âmes ce que nous voyons dans ces murailles matérielles ; et avec la grâce de Dieu accomplir dans nos coeurs ce que nous apercevons d’achevé dans ces bois et ces pierres. De plus rendons particulièrement grâces au Seigneur notre Dieu, l’Auteur de tout bien excellent et de tout don parfait ; louons aussi sa bonté avec toute la vivacité de notre coeur, car pour la construction de cette maison de prières, il a parlé à l’âtre de ses fidèles, il a excité leur ardeur, il leur a prêté des ressources ; quand ils ne voulaient pas encore, il leur a donné de vouloir; pour soutenir ensuite les efforts de leur bonne volonté, il leur a accordé de réaliser leur dessein ; et c’est ainsi qu’au Seigneur, qui « produit dans les siens le vouloir et le faire selon son bon plaisir (1) », revient la gloire d’avoir tout entrepris et tout achevé. De plus, comme il ne permet jamais que devant lui les bonnes oeuvres soient inutiles, après avoir accordé à ses fidèles la grâce d’agir avec sa vertu, il leur octroiera une récompense proportionnée à des œuvres si méritoires. Nouveau motif pour rendre à notre Dieu de plus amples actions de grâces : non content d’avoir fait élever cette église à la gloire de son nom, il a augmenté la vénération qui lui est due en y faisant placer les reliques de ses saints martyrs. »

1. Philip. II, 13.

Extrait du Sermon 336, « Pour la dédicace d’une église. I. Le temple spirituel, 6 »
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La Création, vue par saint Augustin

« Ainsi l’ouvrier donne une nouvelle forme à une matière qui était déjà, et qui était capable de le recevoir, comme le potier à la terre, le sculpteur au marbre, le menuisier au bois, l’orfèvre à l’or, les autres artisans de même, chacun sur les matières sur lesquelles ils travaillent. Mais, Seigneur, d’où ces matières auraient-elles tiré leur être, si vous ne les aviez point faites ? C’est vous qui avez formé le corps de l’ouvrier ; qui avez créé l’âme, laquelle remue comme il lui plaît les membres de ce corps ; qui êtes l’auteur de la matière sur laquelle il travaille, de l’esprit qui le rend capable de travailler avec art, et de considérer dans lui-même ce qu’il exécute au-dehors, et de tous ses sens corporels, par le moyen desquels ce qu’il fait passe de son imagination à son ouvrage, et qui lui rapportent ce qu’il a fait, afin qu’il consulte la vérité qui préside dans son âme, pour savoir s’il est bien fait. Toutes ces choses, Seigneur, vous louent, comme étant le créateur de toutes choses. »

Saint Augustin, « La Création du monde et le Temps », Folio 2€