Rénovation du chevet de la basilique Saint-Vincent

Les échafaudages qui cachaient depuis plusieurs mois une partie du chevet de la basilique Saint-Vincent se sont déplacés de quelques mètres, révélant ainsi depuis la rue Goussaud des gargouilles d’une étonnante modernité, de drôles de petits personnages et une pierre de Jaumont plus chaleureuse que jamais.

Avant :

Maintenant :

Un très grand bravo aux artisans de ce rajeunissement !

‘Des racines et des ailes’ à Metz

Ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir notre belle ville de Metz à la télévision française. La diffusion de l’émission ‘Des racines et des ailes’ hier soir était d’autant plus un évènement, dont on peut profiter encore pour quelques jours sur Internet.

http://www.pluzz.fr/des-racines-et-des-ailes-2011-06-29-20h35.html

La partie sur Metz commence à 58’30, mais toute l’émission mérite d’être vue…

2 août 2011 : de nombreuses personnes arrivent toujours sur cet article en espérant pouvoir voir ou revoir l’émission des ‘Racines et des Ailes’ consacrée à Metz ; malheureusement, ce lien n’est plus valable. Si un internaute trouvait un autre site permettant de visionner cette émission et voulait bien nous le faire connaître, il rendrait ainsi un grand service à beaucoup de gens !

L’apogée de la pierre de Jaumont

Extrait de « Jaumont pierre de soleil / Der Sonnenstein von Jaumont » par Irmengard Peller-Séguy, éditions Serpenoise et Karlsberg (ouvrage bilingue), pour comprendre le projet architectural voulu au XVIIIe siècle pour Metz et qui a également influencé la physionomie de l’abbaye Saint-Vincent.

« A Metz et aux alentours on a construit sans interruption, à toutes les époques, en pierre de Jaumont. Comme dans presque toutes les villes de France, les structures urbaines médiévales ont été profondément remaniées. Mais ici, ce sont des considérations militaires qui ont joué un rôle prépondérant dans l’élaboration des nouveaux plans. Le futur maréchal de Belle-Isle commença en 1728 à renouveler de fond en comble le paysage urbain. Mais il ne négligea pas pour autant le projet esthétique d’embellissement de la ville. Il commença par assainir l’île du Petit-Saulcy. C’est à cet endroit que Belle-Isle créa la première place moderne de la ville. Il y éleva deux édifices : l’intendance et le théâtre. A cette époque, l’intendance était l’instance locale supérieure de l’administration royale. Aujourd’hui, c’est la préfecture qui s’y trouve. La construction fut achevée en moins de quatre ans.

En raison de diverses difficultés, telles que la guerre, des détournements de l’entrepreneur, des conflits entre l’administration de l’Etat et celle de la ville, le théâtre ne put être achevé qu’en 1753.

La place en demi-lune est une réussite d’urbanisme d’une extraordinaire beauté. N’est-il pas superflu de mentionner la part dominante qui revient à la pierre jaune d’or dans cette impression ?

Avant que la place d’Armes pût se réaliser entre la cathédrale et l’hôtel de ville, il y eut beaucoup de difficultés à surmonter. Le chapitre de la cathédrale s’opposait à la démolition d’une série d’églises et de constructions adossées à la cathédrale. Belle-Isle commença l’entreprise, mais sans l’achever avant sa mort. Son successeur, Blondel, en construisant l’hôtel de ville et le corps de garde, compléta un chef d’oeuvre d’urbanisme. Il tire sa dynamique simultanément du contraste et du dialogue entre le style gothique de la cathédrale et le classicisme austère des nouveaux édifices. Grâce à la pierre et à son jeu de couleurs jaune-noir, cette place revêt une beauté unique dans son originalité. Ces couleurs n’existent qu’à Metz.

François-Yves Le Moigne et Gérard Michaux écrivent dans l’Histoire de Metz : « L’unité architecturale des grands ensembles civils réside dans l’affirmation d’un classicisme au mode austère et l’usage de la pierre jaune de Jaumont, qui confère leur éclat aux monuments et les relie au passé médiéval de la cité incarné par la cathédrale. » (…) »

Portion du « Plan des ville et citadelle de Metz (avec ses projets pour 1741) », dit plan de Belle-Isle, présenté à la bibliothèque municipale du 20 juillet au 2 octobre 2010. On reconnait l’abbaye Saint-Vincent en bleu clair au-dessous du titre, et l’église abbatiale d’avant les travaux de la seconde moitié du XVIIIe siècle.