Tocqueville : « Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux… »

« Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âme. Au-dessus de ceux-là, s’élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. (…) Il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir, il travaille volontiers à leur bonheur mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre. Il pourvoit à leur sécurité, assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leur succession, divise leurs héritages. Que ne peut-il leur retirer le trouble de penser et la peine de vivre ? »

Alexis de Tocqueville (ancien élève du lycée Fabert, à l’ombre de la basilique Saint-Vincent), De la démocratie en Amérique

Extrait cité par Michel de Jaeghere dans Peut-on résister au nouveau totalitarisme ?

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La basilique Saint-Vincent et les anciens du lycée Fabert

Quand la basilique Saint-Vincent servait d’emblème à l’association amicale des anciens du lycée de garçons Fabert Metz après son banquet du 20 novembre 1966…

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« Quand la religion est détruite chez un peuple… »

« Quand la religion est détruite chez un peuple, le doute s’empare des portions les plus hautes de l’intelligence et il paralyse à moitié toutes les autres. Chacun s’habitue à n’avoir que des notions confuses et changeantes sur les matières qui intéressent le plus ses semblables et lui-même ; on défend mal ses opinions ou on les abandonne, et, comme on désespère de pouvoir, à soi seul, résoudre les plus grands problèmes que la destinée humaine présente, on se réduit lâchement à n’y point songer.

Un tel état ne peut manquer d’énerver les âmes ; il détend les ressorts de la volonté et il prépare les citoyens à la servitude. »

Alexis de Tocqueville, historien et homme politique, ancien élève du Lycée Fabert
« De la démocratie en Amérique », tome II
Source

Leçon d’histoire de l’art à la basilique Saint-Vincent (suite)

Suite de l’extrait du « Metz d’un petit garçon » de Jean Grosdidier de Matons (éditions Serpenoise, 1989), accompagnée des dessins de la basilique par l’auteur. Un bien joli coup de crayon…

« [Ce monument], malheureusement, est un peu décourageant de l’extérieur à cause de la façade classique plaquée sur la nef gothique. Le petit garçon trouvait mortellement ennuyeux cet échafaudage de colonnes dont on lui avait appris qu’elles étaient successivement, suivant leurs chapiteaux et leurs cannelures, doriques, ioniques ou corinthiennes, encadrant des niches garnies de statues théâtrales, couvertes de suie grasse comme tout le reste de la ville.

Pour voir l’église Saint-Vincent, il faut se  placer au premier étage du lycée, côté cour. Ce n’est offert qu’aux petits garçons distraits, élèves du lycée. Alors l’église apparaît dans toute sa longueur, avec ses toits légèrement inclinés à l’unisson de ceux de la vieille ville, les larges bras de son transept, son abside tombant dans la cour, ses deux tours jumelles parfaites de proportions, cependant que la façade, dont on ne voit que le dos, se fait heureusement oublier. »