Jean-Paul II : « Que veut dire : je veille ? »

Parce que le Christ nous enseigne la cohérence et ne veut certainement pas qu’une basilique millénaire soit offerte à ceux-là même qui veulent le mariage et ses dérivatifs pour tous, voici les mots que Jean-Paul II a prononcés en 1991 devant un million de jeunes à Jasna Gora, en Pologne :

« Que veut dire : je veille ? Cela veut dire, je m’efforce d’être un homme de conscience et je ne la déforme pas : j’appelle par leur nom le bien et le mal, dépassant celui-ci en moi-même. Telle est bien la question fondamentale, qui ne pourra jamais être amoindrie, ni mise sur un plan secondaire. (…) « Je veille » veut aussi dire : je regarde les autres. Je veille veut dire : amour du prochain ; et encore : solidarité « interhumaine » fondamentale. J’ai déjà prononcé ces paroles une fois, ici, à Jasna Gora, pendant la rencontre avec les jeunes, en 1983, une année particulièrement difficile pour la Pologne.

Aujourd’hui, je les répète : « Je suis près de toi, je me souviens de toi, je veille. » »

Cité dans Et la France se réveilla, enquête sur la révolution des valeurs, par Vincent Trémollet de Villers et Raphaël Stainville, Editions du Toucan

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Le Moyen Âge vu par Jean Paul II

« (…) En Occident, les artistes partent de points de vue extrêmement variés, en fonction des convictions de fond présentes dans le milieu culturel de leur temps. Le patrimoine artistique s’est enrichi au cours des siècles et compte une abondante éclosion d’oeuvres d’art sacré qui témoignent d’une haute inspiration et remplissent d’admiration même l’observateur d’aujourd’hui. Les grands édifices du culte demeurent au premier plan ; leur caractère fonctionnel se marie toujours au génie, et celui-ci se laisse inspirer par le sens de la beauté et l’intuition du mystère. Il en est résulté des styles bien connus dans l’histoire de l’art. La force et la simplicité de l’art roman, exprimées dans les cathédrales et les abbayes, se développent graduellement, donnant les formes élancées et les splendeurs du gothique. Derrière ces formes, il n’y a pas seulement le génie d’un artiste, mais l’âme d’un peuple. Dans les jeux d’ombre et de lumière, dans les formes tour à tour puissantes et élancées interviennent certes des considérations de technique structurale, mais aussi des tensions propres à l’existence de Dieu, mystère qui suscite « crainte » et « fascination ». Comment résumer en quelques traits, et pour les diverses formes de l’art, la puissance créatrice des longs siècles du Moyen Âge chrétien ? Une culture entière, tout en restant dans les limites toujours présentes de l’humain, s’était imprégnée de l’Evangile et, là où la pensée théologique aboutissait à la Somme de saint Thomas, l’art des églises poussait la matière à se plier à une attitude d’adoration du mystère, tandis qu’un poète admirable comme Dante Alighieri pouvait composer le « poème sacré, où le ciel et la terre ont mis la main », ainsi qu’il qualifiait lui-même la Divine Comédie. »

Jean-Paul II, « Lettre aux artistes », 8. Le Moyen Âge