Le Couronnement de la Vierge

Le plus beau vitrail de la basilique Saint-Vincent est celui du Couronnement de la Vierge de l’atelier de Laurent-Charles Maréchal.

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Il est inspiré de l’œuvre du même nom de Fra Angelico, à laquelle France Culture vient de consacrer une chronique :
http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5068559

couronnement

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A Marie

« Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela,
Que je suis votre fils et que vous êtes là.

Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.
Midi ! Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

Ne rien dire, regarder votre visage,
Laisser le cœur chanter dans son propre langage,
Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu’on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,
Telle qu’elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.


Parce que vous êtes la femme, l’Eden de l’ancienne tendresse oubliée,

Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées,

Parce que vous m’avez sauvé, parce que vous avez sauvé la France,
Parce qu’elle aussi, comme moi, pour vous fut cette chose à laquelle on pense,

Parce qu’à l’heure où tout craquait, c’est alors que vous êtes intervenue,
Parce que vous avez sauvé la France une fois de plus,

Parce qu’il est midi, parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,

Parce que vous êtes là pour toujours, simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,

Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée ! »

Paul CLAUDEL, La Vierge à midi

15 août : l’Assomption de Marie à la basilique Saint-Vincent

Des deux vitraux du Couronnement de la Vierge qui se font face à la basilique Saint-Vincent, les visiteurs préfèrent généralement celui de Laurent-Charles Maréchal inspiré de Fra Angelico dans le transept sud. Celui de Jean-Henri Couturat au nord, datant de 1952,  gagne pourtant à être mieux regardé. Il nous offre notamment une très douce Assomption de Marie, que la lumière qui inonde la basilique par beau temps semble accompagner.

En route vers Marie

Prenons quelques jours d’avance sur l’Assomption pour rappeler que la basilique Saint-Vincent présente deux vitraux dédiés au Couronnement de la Vierge :

. dans le transept sud, celui de l’atelier de Coffetier et Laurent-Charles Maréchal, datant des années 1880 et inspiré du tableau de Fra Angelico exposé au musée du Louvre (photo du bas) ;

. dans le transept nord, celui de Jean-Henri Couturat datant de 1952 (plusieurs vitraux ayant été détruits pendant la seconde guerre mondiale) (à droite).

Les guides CASA nous fournissent ici l’historique de la dévotion et de l’iconographie du couronnement de la Vierge dans la religion catholique. Ce thème est également le cinquième des mystères glorieux du Rosaire, une bonne raison de venir les admirer de près ce samedi 14 août.

« … vers la troisième heure de la nuit, Jésus arriva avec la légion des anges, la troupe des patriarches, l’armée des martyrs, les cohortes des confesseurs et les chœurs des vierges ; et toute cette troupe sainte, rangée devant le trône de Marie, se mit à chanter des cantiques de louanges. Puis Jésus dit :  » Viens, mon élue, afin que je te place sur mon trône, car je désire t’avoir près de moi !  » Et Marie :  » Seigneur, je suis prête !  » Et toute la troupe sainte chanta doucement les louanges de Marie. Après quoi Marie elle-même chanta :  » Toutes les générations me proclameront bienheureuse, en raison du grand honneur que me fait Celui qui peut tout !  » Et le chef du chœur céleste entonna :  » Viens du Liban, fiancée, pour être couronnée !  » Et Marie :  » Me voici, je viens car il a été écrit de moi que je devais faire ta volonté, ô mon Dieu, parce que mon esprit exultait en toi !  » (…) Et ainsi l’âme de Marie fut emportée joyeusement au ciel, où elle s’assit sur le trône de gloire à la droite de son fils. »

« La légende dorée » de Jacques de Voragine, extrait du chapitre 117, source ici.

Et le vitrail du Couronnement de la Vierge de la cathédrale de Metz, l’avez-vous déjà repéré ?