L’héritage de nos pères

Dans son journal dont des extraits ont été repris sur ce blog, Dom Jean François en 1763 compare les efforts du prieur Dom Roberty pour sauver l’abbaye Saint-Vincent des agissements de Madame de Choiseul de Stainville à la « [défense de] la vigne de Naboth ».

Un article tiré du site de Jean-Baptiste Noé, historien, écrivain et enseignant, nous explique cet extrait du Livre des Rois de la Bible, et montre à quel point cette comparaison est plus que jamais d’actualité.

« La vigne de nos pères.

« Naboth, de la ville d’Isréel, possédait une vigne à côté du palais d’Acab, roi de Samarie. Acab dit un jour à Naboth : « Cède-moi ta vigne ; elle me servira de jardin potager, car elle est juste à côté de ma maison ; je te donnerai en échange une vigne meilleure, ou, si tu préfères, je te donnerai l’argent qu’elle vaut. » Naboth répondit à Acab : « Que le Seigneur me préserve de te céder l’héritage de mes pères ! » Acab retourna chez lui sombre et irrité, parce que Naboth lui avait dit : « Je ne te céderai pas l’héritage de mes pères. » Il se coucha sur son lit, tourna son visage vers le mur, et refusa de manger. Sa femme Jézabel vint lui dire : « Pourquoi es-tu de mauvaise humeur ? Pourquoi ne veux-tu pas manger ? » Il répondit : « J’ai parlé à Naboth d’Isréel. Je lui ai dit : ’Cède-moi ta vigne pour de l’argent, ou, si tu préfères, pour une autre vigne en échange. ’ Mais il a répondu : ’Je ne te céderai pas ma vigne !’. Alors sa femme Jézabel lui dit : « Est-ce que tu es le roi d’Israël, oui ou non ? Lève-toi, mange, et retrouve ta bonne humeur : moi, je vais te donner la vigne de Naboth. » Elle écrivit des lettres au nom d’Acab, elle les scella du sceau royal, et elle les adressa aux anciens et aux notables de la ville où habitait Naboth.  Elle avait écrit dans ces lettres : « Proclamez un jeûne, faites comparaître Naboth devant le peuple. Placez en face de lui deux individus sans scrupules, qui témoigneront contre lui : ’Tu as maudit Dieu et le roi ! Ensuite, faites-le sortir de la ville, lapidez-le, et qu’il meure !’. Les anciens et les notables qui habitaient la ville de Naboth firent ce que Jézabel avait ordonné dans ses lettres. Ils proclamèrent un jeûne et firent comparaître Naboth devant le peuple. Alors arrivèrent les deux individus qui se placèrent en face de lui et portèrent contre lui ce témoignage : « Naboth a maudit Dieu et le roi. » On fit sortir Naboth de la ville, on le lapida, et il mourut. Puis on envoya dire à Jézabel : « Naboth a été lapidé et il est mort. » Lorsque Jézabel en fut informée, elle dit à Acab : « Va, prends possession de la vigne de ce Naboth qui a refusé de la céder pour de l’argent, car il n’y a plus de Naboth : il est mort. » Quand Acab apprit que Naboth était mort, il se rendit à la vigne de Naboth et en prit possession. »  (1 Rois 21, 1-16)

Une meilleure vigne, ou l’argent de la vigne. La possibilité d’avoir plus de vin, ou de toucher immédiatement le capital de sa terre, voilà ce que propose Acab à Naboth. Il convoite sa vigne pour l’arracher et en faire un jardin potager. Rien que de très banal. Mais c’est toujours des problèmes de voisinage que débutent les grandes frictions. Naboth refuse la proposition, la possibilité d’un plus grand gain ou d’un gain immédiat. Il la refuse car cette terre n’est pas à lui, c’est la terre de ses pères, reçue en héritage, et qu’il doit transmettre à son tour. « Je ne te céderai pas l’héritage de mes pères. » Ici la vigne est le symbole de cet héritage, le symbole de la patrie, la terre des pères, et le symbole de la nation, la croissance, ce qui naît de quelque chose. Un homme fidèle à sa nation, c’est un homme qui sait d’où et de quoi il est né. Un homme fidèle à sa patrie, c’est un homme qui sait dans quelle filiation il s’inscrit. Naboth n’est pas le propriétaire, mais le simple utilisateur d’une terre qui le dépasse, acquise avant lui, et qui servira à d’autres. Ce n’est peut être pas lui qui a planté la vigne, qui a déterré les galets, hérissé les murs de pierres sèches, construit le système d’irrigation. Et ce n’est peut être même pas lui qui boira le vin issu de la vendange de l’année.  La vigne de Naboth est l’image de cette patrie qui nous transcende, que l’on doit servir sans chercher à l’aliéner, à la restreindre, à l’hypothéquer. Esaü a cédé son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, Naboth ne veut pas céder sa terre pour un sac d’argent. La possession immatérielle de la patrie, la souveraineté de Naboth, ne doit pas être cédée aux sirènes de l’argent et aux vertiges de la richesse. Naboth devient ainsi la figure de ces paysans attachés à leur terre, à leur lopin. Il est l’incarnation de ces peuples fidèles à leur histoire, à leur culture, à leur coutume. De ces trésors collectifs que l’on ne cède ni ne vend.

Acab est déçu de cette réponse. Il pensait pouvoir tout acheter avec son argent. Et si cette vigne est beaucoup pour Naboth elle n’est rien pour lui, qu’un terrain vide qui peut devenir un jardin potager.  La calomnie obtient donc ce que l’argent n’a pu conquérir. Face à la vertu de Naboth se dressent les idoles du pouvoir et l’ivresse de la puissance. De fausses lettres, de faux sceaux, de faux serments, un faux procès et de fausses accusations. Des mensonges, des complicités, des couardises, des lâchetés. À cause de cela Naboth est injustement accusé, faussement jugé et véritablement condamné. Qui trahit ? Les anciens et les notables de la ville où habite Naboth, c’est-à-dire les élites. Par peur de contrecarrer des ordres iniques et donc de perdre leur poste, par manque de vertu aussi, les élites acceptent d’accomplir les ordres iniques donnés par Jézabel. Ils refusent d’obéir à leur conscience, à cette voix intérieure qui leur demande de ne pas accomplir l’injustice. Mais tous obéissent. Il aurait suffi d’un seul refus, d’une voix discordante qui cherchasse à appliquer la justice pour que le groupe se bloque, se fracture et refuse. Mais l’injustice doit être pratiquée par tous, et cette unanimité dans le mal légitime le bien fondé de son action. Si tous le font, c’est donc que l’acte est bon. On peut ainsi détourner le peuple, profiter de sa naïveté et présenter Naboth comme un ennemi de celui-ci. Naboth ennemi du peuple, ennemi de la pensée, homme dangereux pour la survie de la ville, bouc émissaire que l’on doit charger des péchés et expulser de la ville.  Le meurtre du juste se pare de la justice. Avant cela on a respecté le jeûne réglementaire. On a porté les accusations de circonstances : « Naboth a maudit Dieu et le roi. » Dieu, c’est-à-dire l’absolu de la ville. Ici, en l’occurrence, l’argent, le pouvoir, la concupiscence ; car c’est dans les sociétés sans Dieu que l’on rencontre le plus de dieux. Le roi, c’est-à-dire la falsification de l’autorité. Ici le roi désigne le pouvoir absolutisé, qui se vit par lui-même et avec lui-même, un pouvoir qui est tout, commencement et fin. Un pouvoir qui englobe Dieu pour mieux se renforcer et étendre sa puissance. Ce roi là, c’est l’État total, sans frein, sans contre-pouvoir, sans réflexion sur le sens du pouvoir.  L’auteur ne prend même pas la peine de retranscrire la défense de Naboth. À quoi bon ? Il était mort avant d’être jugé. On imagine les hurlements du peuple, la vocifération de la foule : « Lapidez-le, lapidez-le ! ». On imagine le contentement des élites, satisfaites d’avoir accompli leur mission, d’avoir sauvé la ville. Tout le monde croit à la fiction qu’ils se sont bâtis, au scénario qu’ils se sont imaginés. Naboth, connu de tous, probablement estimé, était devenu, par suite de la fureur populaire, l’ennemi de tous. Naboth, qui a tenu tête au roi et refusé de sacrifier l’héritage de ses pères, Naboth qui a sauvé l’honneur du peuple et a préservé la liberté de celui-ci, est mort, tué par ceux-là même qu’il avait défendu.

Au moment où le peuple contemple le cadavre de Naboth, enseveli sous les pierres, le roi Acad pénètre dans la vigne et commence à donner ses ordres pour arracher les ceps et y planter des légumes. L’héritage des pères disparaît, détruit par ceux-là qui avaient le plus intérêt à le préserver. Comme l’histoire de Naboth peut chanter en termes clairs nos aventures contemporaines. »

Jean-Baptiste Noé

L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (V)

Présentation des protagonistes
L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (II)
L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (III)
L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (IV)
 
 
« Octobre 1764
Le 5 et le 6 etc., les échevins synodaux anciens et modernes de onze paroisses de la ville, de concert avec les notables, donnent des certificats comme quoi il est faux que la ville demande ou ait demandé la suppression de Saint-Vincent ; qu’au contraire tout le monde a été alarmé d’une entreprise aussi singulière, etc. (…)
 
Décembre 1764
Le 3 décembre meurt sec comme un squelette et sans sacrements le sieur Roucour, syndic de la ville ; syndic qui s’était fait nommer syndic royal et à vie contre l’usage jusqu’ici usité : la ville ayant toujours joui du droit d’élection jusqu’à ce personnage, qui passe dans la ville pour l’embaucheur dom Quichotte de l’envahissement de Saint-Vincent, tenté par les religieuses défroquées de Saint-Pierre et de Sainte-Marie. (…)
Le 31, veille du nouvel an, j’apprends d’un conseiller au parlement que les curés de la ville ont écrit à Rome pour demander la suppression de Saint-Vincent sous prétexte du besoin d’une renfermerie, et cela à la sollicitation de l’évêque et de l’abbesse. (…)
 
Juin 1765
Le 3 juin, l’affaire de Saint-Vincent est gagnée à Rome. (…)
[Le 22], Saint-Vincent apprend le gain de son procès à Rome. (…)
 
Juillet 1765
Au commencement de ce mois, le gain de l’affaire de Saint-Vincent contre Madame l’abbesse de Saint-Pierre s’ébruite, et tout Metz en est dans l’allégresse, excepté les partisans de cette dame, tel. M. l’évêque. (…)
 
Décembre 1765
(…)  [Le 8], nous, supérieurs des quatre abbayes de Metz, apprenons de Rome que M. l’évêque et Madame de Saint-Louis ont fait contre Saint-Vincent une nouvelle tentative en cette cour, dont heureusement ils sont encore déboutés. (…)
 
Février 1767
Au commencement de février, M. de Lançon, maître-échevin tombe en apoplexie au milieu de la rue de la prison militaire proche Saint-Symphorien, au sortir de chez M. Le Brun, ingénieur de la ville, chargé de dresser le plan de la nouvelle renfermerie. Ne serait-ce pas saint Pierre Célestin et saint Goëric dont on voit le beau buste en argent à Saint-Symphorien, qui lui auraient donné des coups de leurs crosses ? On a dit dans le monde que saint Vincent et sainte Lucie avaient fait sécher le pauvre laid Roucour, syndic de la ville, auteur du projet contre l’abbaye Saint-Vincent. On pourra bien aussi dire quelque chose de M. de Lançon. (…) »
 
Source : « Journal de Dom Jean François, 1760-1772 », publié par l’Académie de Metz en 1913

L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (III)

Présentation des protagonistes

L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (II)

« Janvier 1764

Le 1er de l’an, je prêche la rénovation des vœux. Le même jour, on m’avertit qu’après avoir envahi Saint-Vincent, on en veut à notre abbaye de Saint-Clément. Dès lors, je prends mes précautions ; je travaille à une supplique pour le non transeat à Rome, et je la ferai partir au premier clin d’œil, si je ne le préviens. On continue à parler de la grande affaire de Saint-Vincent durant toute la semaine.

Le 6 arrive M. de Boufflers en qualité de major général de toutes les troupes qui sont à Metz. Il repart de suite.

Le 19 arrive de Paris M. le prieur de Saint-Vincent, fort joyeux et bien portant, dans la confiance que le vol de son abbaye ne sera pas consommé. Veillez à cela, Seigneur ; car les hommes sont capables de tout mal.

Le 20, je reçois une lettre de M. l’abbé de Saint-Mathias de Trèves par laquelle il me souhaite la bonne année et me donne avis qu’il m’envoie un caque de bon vin de Moselle, qui arrive en effet le même jour franc de part.

Le 22 se célèbre la fête de Saint-Vincent, patron de l’abbaye de ce nom en cette ville, et cela avec beaucoup de solennité de la part de la communauté qui est de 25 religieux, et beaucoup d’affluence de la part des peuples, de sorte que cette grande et superbe basilique pouvait à peine les contenir. Il y a eu un sermon prononcé par don Willaume, maître des novices de l’abbaye, qui a terminé son discours par invoquer le saint pour qu’il obtienne de Dieu que ce temple auguste soit toujours desservi avec une magnificence semblable à celle de ce jour par lui et ses confrères.

Le 22, le Courrier d’Avignon qui arrive ce jour porte que Saint-Vincent est supprimé. (…)

24, 25, etc. Le bruit court que Madame de Saint-Pierre a reçu les bulles de suppression de Saint-Vincent. Nous ne le croyons pas : c’est apparemment ce qui est marqué dans le Courrier d’Avignon qui donne lieu à ce bruit. Au reste, il ne paraît pas que ces dames soient bien sûres de nous enlever ce sanctuaire. Une d’elle disait récemment en compagnie, parlant des religieux de Saint-Vincent : « Ces pouilleux gagneraient encore bien leur procès. » »

L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (II)

Présentation des protagonistes

« Décembre 1763

(…) Le 21, l’abbesse de Saint-Pierre supprimé et changé en la collégiale soi-disant de Saint-Louis, se vante qu’elle va encore supprimer pour elle l’abbaye de Saint-Vincent, maison la mieux montée qu’il y ait à cinquante lieues à la ronde. Nous regardons cela comme un songe. Cependant le 22, cela se confirme et nous quatre supérieurs en sommes intrigués. Il y a trois ans que ces pisseuses en voulurent à Saint-Symphorien dont j’étais sous-prieur : nous en eûmes vent ; de concert avec mon prieur dom Tronville, je dressai aussitôt une supplique pour Rome, que nous y envoyâmes. Par ce moyen nous arrêtâmes la cupidité de ces femmes insatiables qui ont déjà envahi les monastères des Pucelles en 1552 et de Sainte-Marie ces dernières années. Si Saint-Vincent a pris les mêmes précautions que nous à Saint-Symphorien, ils n’ont rien à craindre. S’ils ne l’ont pas fait, tant pis ; il y a à craindre l’autorité d’un roi, d’un ministre…

Le 23, toute la ville apprend la nouvelle de l’intention de Madame l’abbesse d’usurper Saint-Vincent. Toute la ville jusqu’aux Juifs, jusqu’aux calvinistes, jusqu’aux militaires, en un mot tout le monde est consterné, indigné, furieux : cela fait une rumeur qu’on ne peut exprimer et que nous n’aurions pas cru.

En même temps, le prieur de Saint-Vincent, dom Roberty, tout vieillard qu’il est, prend la poste et va trouver notre général à Novy et de là à Paris, pour agir et défendre la vigne de Naboth. Fasse le ciel que son voyage ait le succès nécessaire au bien public…

Le 24 part un autre de nos religieux en poste pour les joindre à Novy avec tous les mémoires et les autres papiers nécessaires. – Nous apprenons que la dame ci-devant de Saint-Pierre-aux-Nonnains, actuellement des Pucelles, de Saint-Louis, et de Saint-Vincent en désir… n’est plus tout à fait sûre de réussir. Nous l’espérons avec les honnêtes gens par le secours du Très-Haut. (…) »

L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (I)

Dom Jean François est né en janvier 1722. Il devient sous-prieur de l’abbaye Saint-Symphorien en 1759, puis prieur de Saint-Clément de 1762 à 1768. Il est par ailleurs l’un des fondateurs de l’Académie de Metz, et le rédacteur avec Dom Nicolas Trabouillot de la fameuse « Histoire de Metz », parue en 1769. A partir de 1760, il écrit un journal – dans le but peut-être de faire paraître une suite à cet ouvrage – dans lequel il privilégie les évènements ecclésiastique et littéraire qui se déroulent à cette époque à Metz, mais aussi en France et en Europe.

Ce journal, publié par l’Académie de Metz en 1913, évoque régulièrement l’abbaye Saint-Vincent, et plus particulièrement les péripéties qu’elle a subies pendant cette période, ce qui sera relaté en plusieurs articles sur ce blog. Mais avant cela, il nous faut présenter quelque peu la principale instigatrice de ces manoeuvres, à savoir Madame Charlotte-Eugénie de Choiseul de Stainville que Dom Jean François ne semble guère porter dans son coeur.

Après le décès de l’évêque Claude de Saint-Simon le 29 février 1760, le roi Louis XV nomme pour le remplacer Mgr Louis-Joseph de Montmorency-Laval au mois d’août de la même année.

Le 30 octobre 1760 arrive à Metz la nouvelle abbesse de Saint-Pierre-aux-Nonnains, Madame de Choiseul de Stainville. Elle est accompagnée par M. Choiseul de Beaupré, son parent, évêque de Châlons-sur-Marne, et de M. de Choiseul de Stainville, son frère, archevêque d’Albi et abbé commendataire de Saint-Arnould à Metz. La nouvelle abbesse est reçue chanoinesse de Saint-Pierre dès le lendemain de son arrivée.

Dom Jean François semble émettre des doutes quant à la véracité des bulles reçues du pape Clément XIII pour confirmer la nomination de Madame de Stainville. Elles sont différentes en tout cas de celles qui avaient été émises pour les précédentes abbesses de Saint-Pierre, et semblent être fondées sur un exposé incorrect.

En mai 1760, le roi avait accordé à la nouvelle abbesse de Saint-Pierre l’autorisation de réunir Sainte-Marie à Saint-Pierre (toutes deux abbayes bénédictines de femmes) avec les biens en dépendant, afin de constituer un chapitre noble. Le nouvel établissement est érigé en novembre 1762 en collégiale sous le nom de chapitre royal de Saint-Louis. Metz perd ainsi deux maisons de l’ordre de saint Benoît, dans lesquelles cependant la fameuse règle n’était plus vraiment respectée.

Nous laisserons par la suite parler Dom Jean François lui-même quand il sera question de l’abbaye Saint-Vincent, tant sa liberté de ton et son humour savoureux ne peuvent être égalés.

En plus de trois des liens ci-dessus, la rubrique « Metz par M. Robert de Hesseln » du site du village d’Hestroff (ancienne possession de l’abbaye Saint-Pierre) propose de nombreux articles sur les Dames de Saint-Pierre et Sainte-Marie, ainsi que d’autres articles sur l’histoire de Metz en général :
. Les abbayes royales de filles au 18e siècle
. Les Dames de Saint-Pierre et Sainte-Marie de Metz… des rebelles ?
. Les Dames de Saint-Pierre et Sainte-Marie de Metz délogées
. Les Dames de Saint-Pierre, de sainte Valrade à Charlotte-Eugénie
. Les abbesses de Saint-Pierre et Sainte-Marie, une affaire de famille
. Les possessions des Dames de Saint-Pierre
 
 

Cette série d’articles sera dédiée à l’ami Charles, amoureux fou et passionné de la basilique Saint-Vincent, qui a rejoint le Père ce 22 mai 2012. Tu le sais, Charles, nous ne la laisserons pas tomber, et nous comptons sur toi pour nous aider de là où tu es !