Conversion à la basilique de Paray-le-Monial

Flûte alors ! Une conversion dans une basilique, et pas dans un merveilleux lieu de culture à usage profane digne ! Le Bon Dieu, L’a vraiment rien compris !…

 

. La conversion de Paul Claudel à Notre-Dame de Paris

. La conversion de Ladji Diallo

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Pourquoi Dieu manque à la France

« J’aurais aimé déployer une prose des plus grandiloquentes. Un peu de génie n’aurait été que juste politesse envers Celui qui peut tout. Hélas, des poètes, il n’y en a plus et ces quelques lignes seront la complainte pathétique et insensée d’une jeune fille qui croit.

Dieu ! Un terme obscène désignant l’ombre évanouie d’un ancien oppresseur dont nos terres ont été libérées, heureusement libérées ! Mais il fallait bien combler cette place laissée vacante : en ces temps impies, comme il n’est plus de Justice divine, il faut que l’homme érige la sienne pour ne pas se morfondre devant l’inégalité désormais inexpliquée.

Ce n’est pas un hasard si la dictature communiste russe brûlait les églises et si celles de la Chine et de Cuba se déclarent farouchement athées, coupant les ailes du peuple pour mieux le rendre dépendant de la justice sociale qu’il prétend lui offrir.

Nous voilà donc bons à nous rendre coupables et honteux d’une grandeur qui donne le vertige car nous avons appris à regarder en bas. Puisqu’il n’est plus rien pour expliquer le drame, nous voici encombrés d’un complexe de supériorité face à la ruine des autres que seule la nôtre pourra consoler.

Nous voilà bons pour la repentance aveugle offerte aux nations affligées de destins difficiles et aux communautés venues de terres éprouvées par l’Histoire : n’avez-vous pas remarqué que les temps ont vu disparaître Dieu en même temps que la fierté de nous-mêmes ?

Nous voilà bons à traquer l’excellence, taire la médiocrité et détruire le mérite : « 80% de bacheliers » ordonnés par Mitterrand, une école où les enfants ont l’écriture médiocre et la lecture maladroite, des quotas dans les grandes écoles et un niveau scolaire en déclin continuel car il n’est pas juste qu’il existe de bons et de mauvais élèves ; il faut alors se presser à niveler les terrains rugueux et inégaux, couper les têtes qui dépassent et hisser celles qui attendent en bas.

Nous voilà bons à réparer la cruelle nature : pauvres homosexuels sans descendance ! Pauvres couples stériles sans progéniture ! Il nous faut dérober les ventres des autres femmes afin d’offrir justice et égalité aux âmes démunies !

Nous voilà bons à dire que tout est relatif et que tout se vaut puisqu’il serait injuste qu’il y ait beauté et laideur, bassesse et grandeur ! Il nous faut terrer ce qui devrait nous rendre fiers : la qualité des uns offense l’orgueil des autres.

Nous voilà bons à être dépouillés de bravoure, craintifs face au péril, car nous avons oublié l’idée du destin. Le libre arbitre pur venu nous libérer ne nous diminue-t-il pas finalement à bien des égards ?

Nous voilà bons à détester le drame autrefois sublimé, puis à se demander pourquoi l’art est mort en se touchant sur Christine Angot et les tentatives contemporaines d’échapper au médiocre, en empilant des gobelets sur un socle en plastique.

Nous voilà finalement bons à rien déconnectés du Ciel, épris d’une justice vaine et artificielle, car Dieu manque à la France, et c’est de votre faute.« 

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Altana Otovic, étudiante, le 19 janvier 2013

La conversion de Ladji Diallo

Après la conversion de Paul Claudel à Notre-Dame de Paris, voici le récit de celle de Ladji Diallo, merveilleux artiste d’origine malienne converti au catholicisme, qui, ô surprise, n’a pas trouvé la grâce de la foi dans un lieu de culture à usage profane digne

 

« Une nuit, j’ai voulu aller voir vraiment ce qu’il y avait dans cette chapelle. J’étais là, j’attendais de voir. Et puis, j’ai fait simplement une expérience d’apaisement profond, je me suis senti comme touché au plus profond de mon être par une présence aimante, une chaleur dans la poitrine qui m’a fait beaucoup de bien. Mon esprit s’est ouvert, j’ai commencé à regarder l’autre différemment, à me regarder moi-même d’une façon différente et à essayer de cheminer vers ce nouveau chemin qui s’ouvrait à moi. (…) »

La conversion de Paul Claudel à Notre-Dame de Paris

« (…) J’avais complètement oublié la religion et j’étais à son égard d’une ignorance de sauvage. La première lueur de vérité me fut donnée par la rencontre des livres d’un grand poète, à qui je dois une éternelle reconnaissance, et qui a eu dans la formation de ma pensée une part prépondérante, Arthur Rimbaud. La lecture des Illuminations, puis, quelques mois après, d’ Une saison en enfer, fut pour moi un événement capital. Pour la première fois, ces livres ouvraient une fissure dans mon bagne matérialiste et me donnaient l’impression vivante et presque physique du surnaturel. Mais mon état habituel d’asphyxie et de désespoir restait le même.

Tel était le malheureux enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Paris pour y suivre les offices de Noël. Je commençais alors à écrire et il me semblait que dans les cérémonies catholiques, considérées avec un dilettantisme supérieur, je trouverais un excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents. C’est dans ces dispositions que, coudoyé et bousculé par la foule, j’assistai, avec un plaisir médiocre, à la grand’messe. Puis, n’ayant rien de mieux à faire, je revins aux vêpres. Les enfants de la maîtrise en robes blanches et les élèves du petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui les assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. J’étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l’entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. (…) »

Paul Claudel (1913)
Contacts et circonstances, Œuvres en Prose , Gallimard, La Pléiade,
pp.1009-1010.
Source
 

« Ignorance de sauvage », « bagne matérialiste », « état habituel d’asphyxie et de désespoir », « dilettantisme supérieur », « exercices décadents » : la description que fait Claudel de son état d’esprit doit rejoindre celle de nombre de nos contemporains aujourd’hui.

Quelles sont donc les probabilités d’une conversion aussi fulgurante dans un « lieu de culture à usage profane digne » ?

 
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