Méditation du père Christian Venard

« France, ô ma France très belle

Pour toi je ferais bataille

Je quitterai père et mère

Sans espoir de les revoir jamais »

Le sens du patriotisme semble trop souvent s’être dissout – même chez les chrétiens parfois – dans un hédonisme pacifiste ou un vulgaire individualisme. Certes, comme catholiques, nous savons que notre patrie céleste est ultime. Pour autant, la médiation de la patrie terrestre, cette terre reçue de nos pères, est nécessaire dans notre chemin de foi. « L’amour et le service de la patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité » (cf. CEC 2239). Nous sommes les héritiers d’une immense chaîne d’ancêtres, qui a façonné ces paysages, ces institutions, ces architectures, ces arts, de la cuisine à la littérature, de la musique à la peinture, des sciences à la théologie… La France, telle une cathédrale gothique, se dresse devant nous, s’élevant des profondeurs de la terre charnelle, et pointant vers le Ciel ses tours les plus hautes ; toute remplie et de lumières et d’ombres, elle est ce lieu naturel, où chacun de nous est appelé à faire fructifier les talents reçus, pour le service de la patrie et pour la plus grande gloire de Dieu.

A la veille de la Pentecôte, implorons le Saint-Esprit pour nous-mêmes, pour nos dirigeants, afin de retrouver plus encore, le sens du bien commun et l’amour de notre pays, de tous ses héritages.

Le don de la Sagesse – don par lequel, élevant notre esprit au-dessus des choses terrestres, nous contemplons les choses éternelles – nous permettra d’ordonner l’amour à porter à nos deux patries, la céleste et la terrestre.

Le don d’Intelligence – don par lequel nous est facilitée l’intelligence de la Foi – facilitera notre compréhension du lien étroit entre nos deux patries.

Le don de Conseil  –  don par lequel, dans les doutes et les incertitudes de la vie humaine, nous connaissons ce qui contribue le plus à la gloire de Dieu, à notre salut et à celui du prochain – nous fera discerner les actions à poser, les plus à même de rendre service à notre Patrie et à nos concitoyens dans le souci du Salut éternel.

Le don de Force – don qui nous inspire de l’énergie et du courage pour observer fidèlement la loi de Dieu et de l’Eglise – nous fera sortir de notre torpeur et de nos tiédeurs bourgeoises pour nous mettre au service de nos frères dans la Cité.

Le don de Science – don par lequel nous apprécions sainement les choses créées, et connaissons la manière d’en bien user et de les diriger vers leur fin dernière qui est Dieu – sera particulièrement précieux, en ce domaine du patriotisme, pour discerner avec justesse les combats à mener.

Le don de Piété – don par lequel nous vénérons et nous aimons Dieu et les saints, et nous avons des sentiments de miséricorde et de bienveillance envers le prochain – nous poussera à voir en chaque Français un frère à aimer et à aider.

Enfin le don de la Crainte de Dieu – don qui nous fait respecter Dieu et qui nous détourne du mal en nous portant au bien – contribuera à nous conforter dans tous ces choix au service de Dieu et de la Patrie.

Pour reprendre les mots du Père Doncoeur parlant des héros de 14-18, et en les appliquant à tous nos ancêtres qui nous ont légué ce si beau pays : « Nos morts ont des droits sur nous. Ils exigent autre chose qu’une démarche : un engagement et un don. Une main vigoureuse nous entraîne au sacrifice, en des modes différents mais également impérieux, et –qui sait ?- peut-être demain à une mort analogue. » Que la Vierge Marie, Reine de France, nous rende dociles aux inspirations du Consolateur, pour nous mettre, chaque jour un peu plus, au service de nos frères, de notre pays, de l’Eglise et de Dieu.

dons du saint Esprit

Le père Christian Venard est prêtre depuis 1997. Aumônier militaire parachutiste depuis 1998, il a accompagné les troupes françaises sur tous les théâtres d’opérations (Kosovo, Afghanistan, Mali, Liban, etc.). A Montauban il a reçu le dernier souffle de deux des paras lâchement assassinés par Merah. Il est l’auteur avec Guillaume Zeller d’un livre témoignage : Un prêtre à la guerre. Il collabore tous les mois à la revue Parole et Prière.

Source

Notre Dame de Metz, place Saint-Jacques

« Une autre Vierge, qui a vu les envahisseurs de 1940, semble depuis lors avoir pris la première place dans la dévotion messine : érigée en 1924, sur une haute colonne, en place publique de Metz, elle fut le réconfort de ceux qui restèrent dans la ville sous l’occupation allemande, tandis que les 200.000 Lorrains, exilés un peu partout, l’évoquaient comme une assurance de sauvegarde et de prochain retour. Cette noble statue de Jacques Martin a en outre le mérite de suggérer avec grâce et profondeur l’union du Médiateur et de la Médiatrice : le geste de protection, que l’Enfant fait de la main gauche, est guidé par le bras de la Mère. »

M. Vloberg, La Vierge et l’Enfant dans l’art français, Arthaud

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Source : « Metz en guerre 1939-1945 », ASCOMEMO, Editions Alan Sutton
P1000611
Assomption 2014

Saint Ambroise et le conflit des basiliques

Le conflit dit des « basiliques » est particulièrement révélateur de la personnalité d’Ambroise et contribua fortement à établir sa réputation de défenseur inflexible de la foi de Nicée contre l’hérésie arienne.

Tout avait commencé quelques jours avant la fête des Rameaux de 386, puis la crise culmina durant la Semaine sainte, pour finalement se dénouer le Jeudi saint. Le parti arien bénéficiait à Milan de la faveur de l’impératrice Justine, la mère du jeune empereur Valentinien II. Le pouvoir venait de lui trouver un évêque en la personne d’Auxence. Il restait à trouver pour Auxence et la petite communauté arienne un lieu de culte. Or Ambroise disposait d’au moins trois basiliques, deux à l’intérieur des murs, la basilique Vieille et la basilique Neuve, et la troisième extra muros la basilique Portienne. Il devait donc en céder une à Auxence. La manœuvre de Justine et de Valentinien était habile : si Ambroise cédait, il perdait beaucoup de son crédit ; s’il refusait, il entrait en rébellion ouverte contre le pouvoir. Naturellement, Ambroise refusa énergiquement de livrer aux ariens l’une ou l’autre de ces basiliques : c’eût été reconnaître de fait une légitimité à l’hérésie arienne et donc trahir la foi orthodoxe.
Informés par Ambroise du refus qu’il avait opposé aux exigences de l’empereur, les chrétiens de Milan, fidèles à la foi de Nicée, firent corps autour de leur évêque. Le pouvoir impérial, espérant parvenir à ses fins par l’intimidation, dépêcha la troupe comme pour s’emparer de force de la basilique Portienne. Les fidèles s’y rendirent en foule et l’occupèrent. On pouvait redouter un bain de sang. Les jours suivants, les deux autres basiliques de la ville, occupées à leur tour par les fidèles, sont cernées par les soldats en armes. Le Mercredi saint, Ambroise lui-même se trouve assiégé dans la basilique Vieille. Il y passe la nuit en soutenant les clercs et les fidèles par le chant des hymnes et des psaumes. L’inflexibilité d’Ambroise, se déclarant prêt au martyre, l’importance de la mobilisation populaire, la présence aussi de nombreux chrétiens nicéens parmi les soldats et le fait que plusieurs d’entre eux s’étaient rendus à la basilique Vieille pour y prier avec Ambroise, eurent raison de la volonté impériale. Le siège fut levé, les basiliques restaient la possession des nicéens. Certes, le ressentiment de l’empereur contre Ambroise demeurait grand et lourd de menaces, mais la victoire de l’orthodoxie sur l’arianisme était acquise.

BIBLIA N°39, Vers de nouvelles fraternités, p. 44

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22 janvier : Saint Vincent

Saint Vincent, diacre de Saragosse, a été martyrisé à Valence et il est mort le 22 janvier 304.

Son nom veut dire : celui qui est en train de vaincre, de triompher, d’avoir le dernier mot. C’est ce qu’il vécut dans son supplice. Il fut martyrisé plusieurs fois, de toutes les façons possibles, et il était toujours vivant. Il était chaque fois victorieux. En désespoir de cause, le préfet le fit installer sur un lit moelleux pour qu’il se rétablisse, le temps qu’on trouve de nouvelles tortures. Et c’est là qu’il mourut, vainqueur du tyran jusque dans sa mort. Et au-delà. Car le préfet fit jeter son corps à la mer attaché à une très lourde meule. Et son corps revint sur le rivage avant ceux qui l’avaient apporté en mer. Il fut enseveli par une chrétienne, échappant définitivement au préfet.

Saint Vincent est le patron des vignerons, et la grande fête de la Bourgogne est la « Saint Vincent tournante », qui met chaque année à l’honneur le village d’un cru différent. Il n’y a aucune raison que saint Vincent soit patron des vignerons. Sauf une. Et c’est sans doute la plus belle étymologie populaire qui soit, la plus profonde et la plus chrétienne. Vincent, c’est vin-sang. Le vin de l’eucharistie, qui devient le sang du Christ.

Telle est la suprême dignité du vigneron, de produire le vin qui réjouit le cœur de l’homme, comme dit le psaume, et qui est destiné à le réjouir surnaturellement en devenant le sang du Christ.

Source : merci à Yves Daoudal

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Charles Peguy : « L’espérance, cette petite fille de rien du tout… »

Le « Porche du mystère de la deuxième vertu » (1912) ou l’hymne à l’espérance d’un amoureux de Dieu et de notre pays…

« Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance.
Et je n’en reviens pas.
Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle.

Car mes trois vertus, dit Dieu.
Les trois vertus mes créatures.
Mes filles mes enfants.
Sont elles-mêmes comme mes autres créatures.
De la race des hommes.
La Foi est une Épouse fidèle.
La Charité est une Mère.
Une mère ardente, pleine de cœur.
Ou une sœur aînée qui est comme une mère.
L’Espérance est une petite fille de rien du tout.
Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière.
Qui joue encore avec le bonhomme Janvier.
Avec ses petits sapins en bois d’Allemagne couverts de givre peint.
Et avec son bœuf et son âne en bois d’Allemagne.
Peints.
Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne
mangent pas.
Puisqu’elles sont en bois.
C’est cette petite fille pourtant qui traversera les
mondes.
Cette petite fille de rien du tout.
Elle seule, portant les autres, qui traversera les
mondes révolus.

Comme l’étoile a conduit les trois rois du fin fond
de l’Orient.
Vers le berceau de mon fils.
Ainsi une flamme tremblante.
Elle seule conduira les Vertus et le Monde.

Une flamme percera des ténèbres éternelles.

Le prêtre dit.
Ministre de Dieu le prêtre dit :
Quelles sont les trois vertus théologales ?

L’enfant répond

Les trois vertus théologales sont la Foi, l’Espérance et
la Charité.

– Pourquoi la Foi, l’Espérance et la Charité sont-
elles appelées vertus théologales ?

– La Foi, l’Espérance et la Charité sont appelées
vertus théologales parce qu’elles se rapportent
immédiatement à Dieu.

– Qu’est-ce que l’Espérance ?

– L’Espérance est une vertu surnaturelle par laquelle
nous attendons de Dieu, avec confiance, sa grâce en
ce monde et la gloire éternelle dans l’autre.

– Faites un acte d’Espérance.

La foi va de soi. La foi marche toute seule. Pour
croire il n’y a qu’à se laisser aller, il n’y a qu’à
regarder. Pour ne pas croire il faudrait se vio-
-lenter, se torturer, se tourmenter, se contrarier.
Se raidir. Se prendre à l’envers, se mettre à l’en-
-vers, se remonter. La foi est toute naturelle, toute
allante, toute simple, toute venante. Toute bonne
venante. Toute belle allante. C’est une bonne
femme que l’on connaît, une vieille bonne
femme, une bonne vieille paroissienne, une
bonne femme de la paroisse, une vieille grand-
-mère, une bonne paroissienne. Elle nous raconte
les histoires de l’ancien temps, qui sont arrivées
dans l’ancien temps.

Pour ne pas croire, mon enfant, il faudrait
se boucher les yeux et les oreilles. Pour ne pas voir,
pour ne pas croire.

La charité va malheureusement de soi. La charité
marche toute seule. Pour aimer son prochain il
n’y a qu’à se laisser aller, il n’y a qu’à regarder
tant de détresse. Pour ne pas aimer son prochain
il faudrait se violenter, se torturer, se
tourmenter, se contrarier. Sa raidir. Se faire
mal. Se dénaturer, se prendre à l’envers, se
mettre à l’envers. Se remonter. La charité est
toute naturelle, toute jaillissante, toute simple,
toute bonne venante. C’est le premier mouve-
-ment du cœur. C’est le premier mouvement qui
est le bon. La charité est une mère et une sœur.

Pour ne pas aimer son prochain, mon enfant, il
faudrait se boucher les yeux et les oreilles.
À tant de cris de détresse.

Mais l’espérance ne va pas de soi. L’espérance ne
va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il
faut être bien heureux, il faut avoir obtenu,
reçu une grande grâce.

C’est la foi qui est facile et de ne pas croire qui se-
rait impossible. C’est la charité qui est facile et
de ne pas aimer qui serait impossible. Mais c’est
d’espérer qui est difficile.

à voix basse et honteusement

Et le facile et la pente est de désespérer et c’est la
grande tentation.

La petite espérance s’avance entre ses deux gran-
des sœurs et on ne prend pas seulement garde à
elle.
Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur
le chemin raboteux du salut, sur la route inter-
minable, sur la route entre ses deux sœurs la
petite espérance
S’avance.
Entre ses deux grandes sœurs.
Celle qui est mariée.
Et celle qui est mère.
Et l’on n’a d’attention, le peuple chrétien n’a d’attention que pour les deux grandes sœurs.
La première et la dernière.
Qui vont au plus pressé.
Au temps présent.
À l’instant momentané qui passe.
Le peuple chrétien ne voit que les deux grandes sœurs, n’a de regard que pour les deux grandes sœurs.
Celle qui est à droite et celle qui est à gauche.
Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu.
La petite, celle qui va encore à l’école.
Et qui marche.
Perdue entre les jupes de ses sœurs.
Et il croit volontiers que ce sont les deux grandes qui traînent la petite par la main.
Au milieu.
Entre les deux.
Pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut.
Les aveugles qui ne voient pas au contraire.
Que c’est elle au milieu qui entraîne ses grandes sœurs.
Et que sans elle elles ne seraient rien.
Que deux femmes déjà âgées.
Deux femmes d’un certain âge.
Fripées par la vie.

C’est elle, cette petite, qui entraîne tout.
Car la Foi ne voit que ce qui est.
Et elle elle voit ce qui sera.
La Charité n’aime que ce qui est.
Et elle elle aime ce qui sera.

La Foi voit ce qui est.
Dans le Temps et dans l’Éternité.
L’Espérance voit ce qui sera.
Dans le temps et dans l’éternité.
Pour ainsi dire le futur de l’éternité même. (…) »

Source : France – Histoire – Espérance

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JOYEUX NOËL ET HEUREUSE ANNÉE 2014 SOUS LE SIGNE DE L’ESPÉRANCE !

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Photographie de Thierry Tarajic

2 novembre, jour de prière pour les défunts…

… L’occasion de réfléchir avec le jeune peintre et sculpteur Augustin Frison-Roche sur les tombes de nos cimetières modernes. Extrait d’un entretien paru dans France Catholique no. 3371 du 25 octobre 2013 :

« La tombe est toujours le reflet d’un rapport spécifique à la mort. Elle témoigne de la manière dont la tombe est perçue et de la place qu’elle occupe dans la société. De ce point de vue, nos cimetières sont éloquents : la tombe moderne uniformisée et standardisée, aseptisée, à l’esthétique souvent douteuse, est bien, dans sa forme, le reflet de la conception de la mort qui domine dans notre société, à savoir une conception matérialiste.

Le recours au préfabriqué et le peu de soin apporté au caveau sont autant de témoins de cette nouvelle manière de la percevoir. La réduction et la simplification du rite qui touche les funérailles laïques, mais aussi les funérailles religieuses (selon le degré d’ingérence des pompes funèbres) a entraîné un appauvrissement des symboles, de leur nombre et de leur compréhension.

Sur la stèle de granit poli, même la croix peine à évoquer la transcendance, car elle est devenue une simple option, plaquée sur un standard, quand elle n’est pas effacée ou remplacée par des images plus neutres (coeurs, ballons de foot) ou simplement par des formes abstraites et molles, très représentatives du vague qui entoure cette question. Autre caractéristique éloquente : la multiplication des photos sépia ou des plaques commémoratives. Images de cette lutte, aussi vaine qu’acharnée, contre l’oubli. Car la mémoire est, pour la pensée matérialiste, la seule vie après la mort et la perspective d’oublier ou d’être oublié qui entraîne la disparition totale. Pour la même raison, le granit rassure, cette pierre extrêmement solide qui semble vouloir s’affranchir du temps (et de l’entretien).

Sans transcendance et sans espoir, cette tombe ne matérialise que l’absence. Elle montre la fin à laquelle il faut bien se garder de trop penser. Seul domaine qui échappe aujourd’hui à la toute-puissance orgueilleuse de l’homme, la mort est devenue un tabou, le seul de nos sociétés occidentales après l’abolition de tous les autres.

Il va de soi que la forme des tombes actuelles et donc leur sens, leur message, ne répondent pas à une conception chrétienne de la mort. Pourtant, en l’absence d’autres propositions, nombre de chrétiens subissent, malgré eux, ces tombes et l’image de la mort qu’elle leur renvoie. J’ignore si elle va jusqu’à influencer leur conception même de la mort – je ne suis pas loin de le penser… »

L’article complet se trouve sur le site de France Catholique.

 

Petite balade au cimetière de l’Est pour juger de la différence…

 
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« Tous ceux que le Père me donne viendront à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m’a envoyé.
Or, la volonté du Père qui m’a envoyé, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour. Car la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; et moi, je les ressusciterai au dernier jour.
» (Jean 6, 37-40)

 
 
 
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Fête de tous les Saints

Saint Bernard (1091-1153), abbé cistercien et docteur de l’Église
Sermon pour la Toussaint

Avec tous les Saints

     Frères, le premier désir que le souvenir des Saints éveille en nous, c’est de jouir de leur compagnie; c’est de mériter d’être les concitoyens et les compagnons des esprits bienheureux. C’est de nous mêler à l’assemblée des Patriarches, à la troupe des Prophètes, au groupe des Apôtres, à la foule immense des Martyrs et des Confesseurs, et aux chœurs des Vierges. En un mot, d’être unis et joyeux ensemble dans la Communion de tous les Saints. Frères, cette Église des premiers nés nous attend et nous sommes négligents ! Les Saints nous désirent, et nous n’en tenons aucun compte ! Les Justes nous espèrent, et nous n’y prenons pas garde ! Réveillons-nous enfin, mes frères ! Ressuscitons avec le Christ, cherchons les réalités d’en haut, goûtons-les. Désirons ceux qui nous désirent, hâtons-nous vers ceux qui comptent sur nous, allons au-devant de ceux qui nous attendent !

     Dans notre communauté d’ici-bas, nulle sécurité, nul repos ; et pourtant déjà ici, qu’il est bon et agréable pour des frères d’habiter ensemble (Ps 133) ! Par le fait même de partager avec des frères qui n’ont avec nous qu’un cœur et une âme en Dieu, tout devient supportable. Combien plus douce, plus heureuse sera l’union où aucun soupçon n’existera plus, aucune occasion de désaccord, où la charité parfaite nous liera tous dans une alliance indissoluble ! Alors, comme le Père et le Fils sont un, ainsi nous aussi, nous serons un en eux.

     Mais c’est non seulement la compagnie, mais aussi le bonheur des Saints que nous devons souhaiter ; si nous désirons leur présence, nous ambitionnons aussi leur gloire avec ardeur. Ambition nullement pernicieuse, recherche de gloire sans danger, car nous disons, en effet: « Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton Nom donne la gloire! » (Ps 115)

Source : Per Ipsum

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