Joyeux Noël !

Voici trois tintements comme trois coups de flûtes,
Trois encor ! trois encor ! L’Angélus oublié
Se souvient, le voici qui dit : Paix à ces luttes !
Le Verbe s’est fait chair pour relever tes chutes,
Une vierge a conçu, le monde est délié !
Paul Verlaine, Bournemouth, in  Amour,  mars 1888 chez Vanier
Adoration des Bergers, Charles-André dit Carle VANLOO

Les reliques de saint Jacques

Il fallait le corps de saint Jacques à Compostelle pour des raisons politiques. Les reliques de saint Jacques, elles, ont leur origine dans l’Epître de Jacques, datée des premiers siècles du christianisme. A l’époque de la découverte du tombeau de Compostelle, elle était attribuée à Jacques le Majeur.

La démarche des pèlerins d’aujourd’hui ayant pris le chemin après un deuil ou un accident de la vie renoue avec la dévotion à saint Jacques : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Eglise ; ils prieront pour lui et verseront de l’huile sur lui au nom du Seigneur. Cette prière faite avec foi sauvera le malade : le Seigneur lui rendra la santé et ses péchés seront pardonnés. »

D’une grande importance dans l’Eglise médiévale, ce passage est à l’origine du Sacrement des Malades, ayant souvent porté le nom de « Sacrement de Monseigneur Saint-Jacques« . En 1422, par exemple, Guy de Chauvigny, seigneur de La Châtre le demande au moment de sa mort. De nombreux sanctuaires, souvent avec une relique, proches des fidèles, favorisaient cette dévotion. Certes, cette Epître n’est pas de Jacques le Majeur, mais les pèlerins médiévaux le croyaient… Ainsi le clame la statue de Jacques le Majeur au portail de l’abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard : « Toute chose bonne, tout don parfait, vient d’en haut, du Père des lumières. »

L’apôtre Jacques est celui qui accompagne sur le chemin de la vie avant d’être celui qui introduit dans la vie éternelle. Ainsi, cette scène du sceptre de Charles V, conservé au musée du Louvre, montre saint Jacques sauvant l’âme de Charlemagne qu’un démon a déjà empoignée.

En France, alors qu’une partie de l’Eglise assure la publicité du Camino, plus de cent reliquaires existent encore dans des églises ou chapelles. Ces sanctuaires ne sont pas des balises sur les chemins de Compostelle, mais des lieux où les blessés de la vie peuvent implorer saint Jacques. Pourquoi ne pas les rendre plus proches du plus grand nombre ?

France Catholique no. 3362, 19 juillet 2013

Ô grand mystère…

Motet de Noël de Thomas Luis de Victoria : O magnum mysterium – sur le texte du IVème répons des matines de Noël.

O magnum mysterium
et admirabile sacramentum,
ut animalia viderent Dominum natum,
jacentem in præsepio.
O Beata virgo, cujus viscera meruerunt
portare Dominum Christum, Alleluia!

O grand mystère,

et admirable sacrement,

que des animaux voient leur Seigneur nouveau-né,

couché dans une mangeoire!

Heureuse Vierge,

dont le sein a mérité de porter

Le Christ Seigneur.

Alleluia !

 

Heureux et saint Noël !

 

Le Couronnement de la Vierge

Le plus beau vitrail de la basilique Saint-Vincent est celui du Couronnement de la Vierge de l’atelier de Laurent-Charles Maréchal.

P1020464

 

Il est inspiré de l’œuvre du même nom de Fra Angelico, à laquelle France Culture vient de consacrer une chronique :
http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5068559

couronnement

Heureuse fête de l’Assomption !

Et merci, Marie, pour toutes les merveilles que vous avez inspirées !

Puissent-elles encore inspirer les hommes d’aujourd’hui,

et ouvrir les yeux de ceux qui persécutent nos frères d’Orient !

Hortus

 

Un grand merci à Gislebert et Danièle !

 

 

 

Méditation du père Christian Venard

« France, ô ma France très belle

Pour toi je ferais bataille

Je quitterai père et mère

Sans espoir de les revoir jamais »

Le sens du patriotisme semble trop souvent s’être dissout – même chez les chrétiens parfois – dans un hédonisme pacifiste ou un vulgaire individualisme. Certes, comme catholiques, nous savons que notre patrie céleste est ultime. Pour autant, la médiation de la patrie terrestre, cette terre reçue de nos pères, est nécessaire dans notre chemin de foi. « L’amour et le service de la patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité » (cf. CEC 2239). Nous sommes les héritiers d’une immense chaîne d’ancêtres, qui a façonné ces paysages, ces institutions, ces architectures, ces arts, de la cuisine à la littérature, de la musique à la peinture, des sciences à la théologie… La France, telle une cathédrale gothique, se dresse devant nous, s’élevant des profondeurs de la terre charnelle, et pointant vers le Ciel ses tours les plus hautes ; toute remplie et de lumières et d’ombres, elle est ce lieu naturel, où chacun de nous est appelé à faire fructifier les talents reçus, pour le service de la patrie et pour la plus grande gloire de Dieu.

A la veille de la Pentecôte, implorons le Saint-Esprit pour nous-mêmes, pour nos dirigeants, afin de retrouver plus encore, le sens du bien commun et l’amour de notre pays, de tous ses héritages.

Le don de la Sagesse – don par lequel, élevant notre esprit au-dessus des choses terrestres, nous contemplons les choses éternelles – nous permettra d’ordonner l’amour à porter à nos deux patries, la céleste et la terrestre.

Le don d’Intelligence – don par lequel nous est facilitée l’intelligence de la Foi – facilitera notre compréhension du lien étroit entre nos deux patries.

Le don de Conseil  –  don par lequel, dans les doutes et les incertitudes de la vie humaine, nous connaissons ce qui contribue le plus à la gloire de Dieu, à notre salut et à celui du prochain – nous fera discerner les actions à poser, les plus à même de rendre service à notre Patrie et à nos concitoyens dans le souci du Salut éternel.

Le don de Force – don qui nous inspire de l’énergie et du courage pour observer fidèlement la loi de Dieu et de l’Eglise – nous fera sortir de notre torpeur et de nos tiédeurs bourgeoises pour nous mettre au service de nos frères dans la Cité.

Le don de Science – don par lequel nous apprécions sainement les choses créées, et connaissons la manière d’en bien user et de les diriger vers leur fin dernière qui est Dieu – sera particulièrement précieux, en ce domaine du patriotisme, pour discerner avec justesse les combats à mener.

Le don de Piété – don par lequel nous vénérons et nous aimons Dieu et les saints, et nous avons des sentiments de miséricorde et de bienveillance envers le prochain – nous poussera à voir en chaque Français un frère à aimer et à aider.

Enfin le don de la Crainte de Dieu – don qui nous fait respecter Dieu et qui nous détourne du mal en nous portant au bien – contribuera à nous conforter dans tous ces choix au service de Dieu et de la Patrie.

Pour reprendre les mots du Père Doncoeur parlant des héros de 14-18, et en les appliquant à tous nos ancêtres qui nous ont légué ce si beau pays : « Nos morts ont des droits sur nous. Ils exigent autre chose qu’une démarche : un engagement et un don. Une main vigoureuse nous entraîne au sacrifice, en des modes différents mais également impérieux, et –qui sait ?- peut-être demain à une mort analogue. » Que la Vierge Marie, Reine de France, nous rende dociles aux inspirations du Consolateur, pour nous mettre, chaque jour un peu plus, au service de nos frères, de notre pays, de l’Eglise et de Dieu.

dons du saint Esprit

Le père Christian Venard est prêtre depuis 1997. Aumônier militaire parachutiste depuis 1998, il a accompagné les troupes françaises sur tous les théâtres d’opérations (Kosovo, Afghanistan, Mali, Liban, etc.). A Montauban il a reçu le dernier souffle de deux des paras lâchement assassinés par Merah. Il est l’auteur avec Guillaume Zeller d’un livre témoignage : Un prêtre à la guerre. Il collabore tous les mois à la revue Parole et Prière.

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