Domine, salvam fac Galliam

Peu importe le résultat de la finale de la coupe du monde de football, l’important est ailleurs.

Prière pour la France du VIe ton royal

Domine, salvam fac Galliam
et exaudi nos in die qua invocaverimus te.

Seigneur, sauvez la France, et exaucez-nous lorsque nous vous invoquons.

 

 

Pour en savoir plus

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L’Art sacré, témoin de l’Ecriture

Une conférence de Benoît Neiss, directeur honoraire de l’Institut de Littérature à l’Université de Strasbourg et musicien, pour le Centre d’Etudes et de Prospective sur la Science :

 

Joyeux Noël !

Voici trois tintements comme trois coups de flûtes,
Trois encor ! trois encor ! L’Angélus oublié
Se souvient, le voici qui dit : Paix à ces luttes !
Le Verbe s’est fait chair pour relever tes chutes,
Une vierge a conçu, le monde est délié !
Paul Verlaine, Bournemouth, in  Amour,  mars 1888 chez Vanier
Adoration des Bergers, Charles-André dit Carle VANLOO

Ô grand mystère…

Motet de Noël de Thomas Luis de Victoria : O magnum mysterium – sur le texte du IVème répons des matines de Noël.

O magnum mysterium
et admirabile sacramentum,
ut animalia viderent Dominum natum,
jacentem in præsepio.
O Beata virgo, cujus viscera meruerunt
portare Dominum Christum, Alleluia!

O grand mystère,

et admirable sacrement,

que des animaux voient leur Seigneur nouveau-né,

couché dans une mangeoire!

Heureuse Vierge,

dont le sein a mérité de porter

Le Christ Seigneur.

Alleluia !

 

Heureux et saint Noël !

 

Vers Dieu par le Beau

Dans un village reculé du Nord de la France, des chants polyphoniques a capella jaillissent d´une ancienne abbaye. Ce ne sont pas la voix des moines qui résonnent aujourd´hui, mais celles de jeunes trentenaires parisiens surnommés les Dei Amoris Cantores ou Chanteurs du Dieu d´Amour…

Heureuse fête de l’Assomption !

Et merci, Marie, pour toutes les merveilles que vous avez inspirées !

Puissent-elles encore inspirer les hommes d’aujourd’hui,

et ouvrir les yeux de ceux qui persécutent nos frères d’Orient !

Hortus

 

Un grand merci à Gislebert et Danièle !

 

 

 

Le chant grégorien de Gorze à Keur Moussa (Sénégal)

« Il vient sûrement d’Orient comme le Christ. Rome en a hérité, l’a adopté précocement en instituant la fameuse « Schola cantorum ». Des variantes ont surgi : chants ambrosien, bénéventin, hispanique, gallican. On n’est pas sûr que le pape saint Grégoire Ier, dit « le Grand », ait tenu le rôle que lui attribue la légende forgée par les historiographes carolingiens. L’iconographie le représente dictant un chant à des moines. Quoi qu’il en fût, on a baptisé « grégorien » cette musique sacrée et anonyme dont la codification semble avoir été réalisée, entre autres, dans la Moselle, autour de l’abbaye de Gorze, mais aussi à Saint-Gall en Suisse, autre abbaye importante de l’époque carolingienne. On évoque des influences wisigothes dans l’élaboration d’un répertoire qui a dû épouser maintes traditions locales et a fait l’objet d’adaptations selon les ordres. On n’a jamais cessé de chanter l’office divin en grégorien dans les monastères et même dans les églises (…).

Il revient à Dom Béranger, père abbé de l’abbaye bénédictine de Saint-Pierre de Solesmes, d’avoir promu la restauration du chant grégorien, dans le cadre d’un renouveau de la vie monastique après son déclin au XVIIIe siècle et le marasme consécutif à la Révolution. Une édition vaticane fut publiée sous Pie X. Ce chant, énonça-t-il, « donne au culte divin une grandeur qui attire merveilleusement les âmes vers les choses célestes ».

Pie X avait raison. Entendre psalmodier du grégorien sous les voûtes romanes ou gothiques ouvre comme par enchantement une route vers l’Invisible sous les frondaisons du sacré. La sensibilité se dénude, se purifie, se raréfie pour accueillir le divin. « Il est, ajoutait le pape, le chant propre de l’Eglise romaine, le seul qu’elle ait reçu en héritage des Pères, fidèlement gardé au cours des âges dans ses manuscrits. » Il avait encore raison. Entendre durant un office ces mélopées aux rythmes lents, c’est communier avec l’histoire de l’Eglise jusqu’en ces siècles obscurs – IXe, Xe – où la propagation de cette musique contribua à l’unification de la catholicité, sous l’égide de Rome. Les âges se chevauchent, le temps ne séquence plus ; il semble absorbé dans une répétition générale de l’Éternité. Ce que l’âme ressent est, selon Mabillon, « en essai de la vie des anges ». La philosophe Simone Weil ajoutait ceci : « Une mélodie grégorienne témoigne autant que la mort d’un martyr. » En tout cas, elle nous déporte, elle nous transporte, elle nous gratifie de la présomption d’un Paradis empreint de gravité. Elle n’est ni triste ni gaie, elle ne prétend pas nous séduire, nous éblouir ; même pas nous émouvoir. Ce qu’impose sa présence ne figure pas dans la gamme de l’affectivité. Toujours Simone Weil : « Un amateur de musique peut fort bien être un homme pervers – mais je le croirais difficilement de quelqu’un qui a soif de chant grégorien. » Le fait est que les sentiments profanes – tous ambivalents – sont miraculeusement supplantés par un fondu-enchaîné d’émotions qu’on ne saurait décrire, mais d’où la moindre impureté est exclue. La répétition touche une région que l’introspection la plus vétilleuse ignore, au plus profond de notre intimité, et la fait sortir de ses prisons. Plus de « moi », plus d’émois « privés », juste un chant ponctué de ces mélismes dont la monotonie met en phase avec le faux ressassement de l’Éternité. (…)

C’est d’autant plus miraculeux que le grégorien tolère tous les métissages linguistiques ou musicaux. A l’abbaye sénégalaise de Keur Moussa, fondation de Solesmes, les moines ont mixé du grégorien dans une liturgie qui emprunte aussi à la culture africaine ses sonorités et ses instruments – et leurs psalmodies modulées par le balafon renvoient un écho exotiquement mais authentiquement « romain » ».

 

Denis Tillinac, Dictionnaire amoureux du Catholicisme, Plon, 2011