Le grand miracle

Pour les anglophones, un merveilleux film d’animation mexicain sur ce que peut apporter la Sainte Messe à notre monde moderne… Mais combien de prêtres du diocèse de Metz y croient-ils encore ? Combien d’entre eux sont-ils soucieux du salut des âmes de leurs paroissiens ?

 

Bande-annonce de la version française :

 

La déchristianisation de notre pays n’est pas une fatalité. L’Église conciliaire sera très fortement secouée lors cette année 2019 ; que cela soit l’occasion pour les catholiques sincères de comprendre l’impasse dans laquelle le concile Vatican II a mené la religion qui a construit notre pays et y a laissé tant de merveilleux témoignages.

Bonne et sainte année 2019 !

Moines et abbayes / Le coeur battant de la société médiévale

Toutes les grandes religions connaissent le monachisme, un choix de vie qui porte certains croyants à renoncer à la vie de famille, au moins temporairement, pour magnifier leur foi en collectivité, par la dévotion et la charité.

Cette pratique structure par exemple la société contemporaine en Thaïlande, pays profondément bouddhiste. Mais elle a aussi structuré l’Égypte chrétienne des premiers siècles et plus encore l’Europe médiévale.

Les monastères apparaissent alors comme des pôles de stabilité et des organisations économiques innovantes dans une société instable et pauvre. Leur fonction sociale, chanter la louange de Dieu (opus Dei en latin), est perçue comme vitale par la communauté des fidèles.

Réunion du chapitre général dans un monastère clunisien (XVe siècle, prieuré de Notre-Dame de Longpont, Essonne)

Ermites et cénobites des origines

Les premiers siècles de la chrétienté voient la multiplication en Égypte des ermites (du mot grec eremos qui désigne le désert) ou anachorètes (du grec ana, à l’écart, et khorein, se retirer). Ils auraient été jusqu’à cinq cent mille !

Leur modèle est saint Antoine, considéré de façon un peu abusive comme le « Père des moines d’Occident (et d’Orient) ».

Saint Pacôme reçoit d'un ange la règle de son monastère (fresque, XVIe siècle, monastère de Sucevita, Roumanie)

Un contemporain moins prestigieux, saint Pacôme, inaugure en 315 la vie communautaire ou cénobitique (du mot grec keinobios qui désigne ceux qui vivent ensemble et s’oppose à anachorète) en haute Égypte, où il rassemble jusqu’à 1 300 moines.

Le monastère est ceint d’une clôture qui le protège des pillards. Il vit en autarcie et se suffit à lui-même avec une organisation calquée sur les villae romaines (grandes exploitations agricoles).

Le monachisme pénètre à la même époque en Occident, où saint Martin fonde un premier monastère à Ligugé, près de Tours, vers 363.

Mais il y a encore beaucoup d’ermites qui hantent les clairières et des moines « gyrovagues » qui errent deçà delà en quête d’un maître spirituel qui les satisfasse.

Le premier qui va réunir les suffrages est saint Benoît de Nursie, fondateur de l’abbaye du Mont-Cassin, entre Rome et Naples.

La révolution bénédictine

Saint Benoît écrit une règle inspirée de ses prédécesseurs mais qui s’en distingue par le souci de l’équilibre. Loin de toute extravagance, il prône une discipline saine fondée sur la prière et le travail manuel (orare et laborare) et garantie par une stricte obéissance à l’abbé, lequel est élu à vie.

Il précise qu’à la mort de l’abbé, les moines se réunissent en chapitre pour choisir celui qui est le mieux apte à lui succéder. Il précise seulement qu’il doit être choisi par la part la plus saine des moines (sanior pars en latin).

Il n’est pas encore d’élection au sens que nous lui connaissons, les premières communautés étant trop restreintes pour s’y prêter. On peut plutôt parler de cooptation comme cela se fait au sein du Conseil européen des chefs d’État pour désigner le futur président de la Commission…

C’est seulement au XIIIe siècle qu’émergera l’élection sur le principe un homme/une voix, avec désignation du nouvel abbé à la majorité (maior pars). Ainsi peut-on porter au crédit des moines bénédictins l’invention de la démocratie élective, ou plutôt sa redécouverte après qu’elle fut tombée en déshérence suite à la ruine d’Athènes et de la Grèce antique.

Le moine moissonneur, initiale historiée, Moralia in Job (Cîteaux, XIIe siècle, miniature, bibliothèque municipale de Dijon)

Saint Benoît bouscule aussi les préjugés sociaux en exigeant des moines qu’ils se suffisent à eux-mêmes par le travail, lequel est ordinairement le lot des esclaves et des femmes dans les sociétés antiques. Ainsi les moines vont-ils à leur corps défendant valoriser le travail et en particulier le travail manuel, pour le plus grand bénéfice de tous.

Sa règle s’impose grâce au soutien actif de Charlemagne et de son fils Louis le Pieux.

La société féodale d’Europe occidentale se structure très vite autour des monastères bénédictins, généralement fondés à l’initiative d’un riche et puissant seigneur.

Il n’y a pas de famille aristocratique qui n’aspire à placer au moins l’un de ses rejetons dans un monastère de bonne réputation pour qu’il s’instruise et assure le salut commun par ses prières. Ces enfants confiés aux monastères sont désignés sous le nom d’oblats (du latin oblatus« offert »).

La règle bénédictine a été au départ conçue pour les hommes mais les femmes ne tardent pas à réclamer des aménagements pour elles-mêmes. Peu à peu, elles obtiendront le droit de se consacrer elles aussi à l’opus Dei, comme à l’abbaye de Fontevraud.

Les moines au travail

Stables et plutôt bien organisés, les monastères vivent en autarcie, grâce au travail des moines mais aussi des paysans et des serfs qui vivent sur leurs terres. Ils exploitent la terre et disposent de tous les ateliers artisanaux nécessaires aux besoins de la communauté. Ils contribuent ainsi à la mise en valeur du territoire, précédemment mis à mal par les invasions et la disparition des institutions romaines.

Par leur puissance économique, ils dominent de manière écrasante la société féodale dès l’époque carolingienne. Par leur activité intellectuelle, ils contribuent aussi à la résurrection de la culture antique et de la culture tout court.

Moine copiste dans un scriptorium (miniature médiévale)

Pour prier Dieu comme il convient, les abbés et les moines ont le souci en effet de revenir aux sources et pour cela de se plonger dans la lecture des ouvrages antiques. Ainsi redécouvrent-ils le latin, passablement oublié aux temps mérovingiens, jusqu’à créer un latin médiéval qui va devenir pour de longs siècles la langue de communication de l’Europe lettrée.

C’est dans les monastères que se maintient un semblant d’instruction. L’école de l’abbaye de Fontenelle (aujourd’hui Saint-Wandrille de Fontenelle, en Normandie) aurait ainsi compté jusqu’à 300 élèves.

Mais les livres demeurent rares et l’on n’en dénombre jamais plus de 500 dans les bibliothèques monastiques. Aussi les monastères, à l’époque carolingienne, se dotent-ils d’un scriptorium où les moines les plus aptes recopient assidûment les manuscrits, dans des conditions physiques très éprouvantes.

La révolution clunisienne

Le tournant survient au début du Xe siècle avec la création d’un monastère à Cluny, dans une lande proche de Mâcon, à l’initiative du duc d’Aquitaine.

L'abbatiale de Cluny en 2015 (photo : Fabienne Vignolle pour Herodote.net)

Sans que nul s’en doute, il va devenir très vite le cœur et l’âme d’une réforme en profondeur de l’Église et de la société féodale, grâce à son privilège de ne plus dépendre du seigneur ou de l’évêque du lieu mais seulement du pape qui siège à Rome.

Ainsi va-t-il moraliser le clergé mais aussi contenir les pulsions guerrières des féodaux et les orienter vers le service de « la veuve et l’orphelin ».

Cluny, très vite saturée par l’afflux de vocations, implante dans toute l’Europe des « abbayes-filles » dont l’abbé demeure sous l’autorité de celui de Cluny.

Après l’An Mil, on compte ainsi un total de 1450 communautés clunisiennes (monastères et prieurés) rassemblant dix mille moines, non compris bien sûr le personnel laïc et les oblats.

Mais la congrégation clunisienne porte aussi la plus grande attention à la liturgie.

Moines chantant (miniature médiévale)

Les offices gagnent en somptuosité à travers les chants dits « grégoriens »et la décoration des églises selon le style dit « roman ».

Au XIIe siècle montent cependant de toutes parts des critiques à l’égard des clunisiens auxquels on reproche leur relâchement, leur goût croissant du luxe, leur tendance à délaisser le travail au profit des offices, bref, leur prise de distance avec la règle bénédictine.

Deux siècles après la fondation de Cluny, ces critiques vont susciter la création d’une congrégation rivale, l’ordre de Cîteaux.

Source et suite sur herodote.net

Les reliques de saint Jacques

Il fallait le corps de saint Jacques à Compostelle pour des raisons politiques. Les reliques de saint Jacques, elles, ont leur origine dans l’Epître de Jacques, datée des premiers siècles du christianisme. A l’époque de la découverte du tombeau de Compostelle, elle était attribuée à Jacques le Majeur.

La démarche des pèlerins d’aujourd’hui ayant pris le chemin après un deuil ou un accident de la vie renoue avec la dévotion à saint Jacques : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Eglise ; ils prieront pour lui et verseront de l’huile sur lui au nom du Seigneur. Cette prière faite avec foi sauvera le malade : le Seigneur lui rendra la santé et ses péchés seront pardonnés. »

D’une grande importance dans l’Eglise médiévale, ce passage est à l’origine du Sacrement des Malades, ayant souvent porté le nom de « Sacrement de Monseigneur Saint-Jacques« . En 1422, par exemple, Guy de Chauvigny, seigneur de La Châtre le demande au moment de sa mort. De nombreux sanctuaires, souvent avec une relique, proches des fidèles, favorisaient cette dévotion. Certes, cette Epître n’est pas de Jacques le Majeur, mais les pèlerins médiévaux le croyaient… Ainsi le clame la statue de Jacques le Majeur au portail de l’abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard : « Toute chose bonne, tout don parfait, vient d’en haut, du Père des lumières. »

L’apôtre Jacques est celui qui accompagne sur le chemin de la vie avant d’être celui qui introduit dans la vie éternelle. Ainsi, cette scène du sceptre de Charles V, conservé au musée du Louvre, montre saint Jacques sauvant l’âme de Charlemagne qu’un démon a déjà empoignée.

En France, alors qu’une partie de l’Eglise assure la publicité du Camino, plus de cent reliquaires existent encore dans des églises ou chapelles. Ces sanctuaires ne sont pas des balises sur les chemins de Compostelle, mais des lieux où les blessés de la vie peuvent implorer saint Jacques. Pourquoi ne pas les rendre plus proches du plus grand nombre ?

France Catholique no. 3362, 19 juillet 2013

Le Couronnement de la Vierge

Le plus beau vitrail de la basilique Saint-Vincent est celui du Couronnement de la Vierge de l’atelier de Laurent-Charles Maréchal.

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Il est inspiré de l’œuvre du même nom de Fra Angelico, à laquelle France Culture vient de consacrer une chronique :
http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5068559

couronnement