Saint Ambroise et le conflit des basiliques

Le conflit dit des « basiliques » est particulièrement révélateur de la personnalité d’Ambroise et contribua fortement à établir sa réputation de défenseur inflexible de la foi de Nicée contre l’hérésie arienne.

Tout avait commencé quelques jours avant la fête des Rameaux de 386, puis la crise culmina durant la Semaine sainte, pour finalement se dénouer le Jeudi saint. Le parti arien bénéficiait à Milan de la faveur de l’impératrice Justine, la mère du jeune empereur Valentinien II. Le pouvoir venait de lui trouver un évêque en la personne d’Auxence. Il restait à trouver pour Auxence et la petite communauté arienne un lieu de culte. Or Ambroise disposait d’au moins trois basiliques, deux à l’intérieur des murs, la basilique Vieille et la basilique Neuve, et la troisième extra muros la basilique Portienne. Il devait donc en céder une à Auxence. La manœuvre de Justine et de Valentinien était habile : si Ambroise cédait, il perdait beaucoup de son crédit ; s’il refusait, il entrait en rébellion ouverte contre le pouvoir. Naturellement, Ambroise refusa énergiquement de livrer aux ariens l’une ou l’autre de ces basiliques : c’eût été reconnaître de fait une légitimité à l’hérésie arienne et donc trahir la foi orthodoxe.
Informés par Ambroise du refus qu’il avait opposé aux exigences de l’empereur, les chrétiens de Milan, fidèles à la foi de Nicée, firent corps autour de leur évêque. Le pouvoir impérial, espérant parvenir à ses fins par l’intimidation, dépêcha la troupe comme pour s’emparer de force de la basilique Portienne. Les fidèles s’y rendirent en foule et l’occupèrent. On pouvait redouter un bain de sang. Les jours suivants, les deux autres basiliques de la ville, occupées à leur tour par les fidèles, sont cernées par les soldats en armes. Le Mercredi saint, Ambroise lui-même se trouve assiégé dans la basilique Vieille. Il y passe la nuit en soutenant les clercs et les fidèles par le chant des hymnes et des psaumes. L’inflexibilité d’Ambroise, se déclarant prêt au martyre, l’importance de la mobilisation populaire, la présence aussi de nombreux chrétiens nicéens parmi les soldats et le fait que plusieurs d’entre eux s’étaient rendus à la basilique Vieille pour y prier avec Ambroise, eurent raison de la volonté impériale. Le siège fut levé, les basiliques restaient la possession des nicéens. Certes, le ressentiment de l’empereur contre Ambroise demeurait grand et lourd de menaces, mais la victoire de l’orthodoxie sur l’arianisme était acquise.

BIBLIA N°39, Vers de nouvelles fraternités, p. 44

Source texte

Source illustration

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s