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Extrait d’un article paru dans Le Figaro du 4 novembre 2013, Jean Clair, le réactionnaire assumé :

« (…) Bien qu’il se dise mécréant, il mène dans cet ouvrage [Les Derniers Jours, Gallimard]  une réflexion très riche sur le christianisme. Il parle des Vierges à l’Enfant, du rite de la messe, du Piss Christ (une photographie de l’artiste Andres Serrano représentant un crucifix plongé dans un verre d’urine) qui le mit hors de lui, de Satan même. «Oui, Satan… ce qui m’étonne c’est que le monde actuel ne croit pas au Mal», dit-il. «Élève dans la religion catholique, je ne suis plus pratiquant pour diverses raisons, mais je suis de plus en plus frappé par la puissance et la beauté d’un art forgé par le christianisme.» Il insiste: «C’est la seule forme d’art au monde – on va m’étriper de dire cela mais tant pis – qui témoigne d’une telle tendresse, d’une telle spiritualité et d’une telle humanité.»

Selon lui, le catholicisme, religion de l’incarnation et du salut, ne méprise pas le monde, contrairement à d’autres spiritualités : «Il a entraîné une observation sans égal de l’homme et de la nature créés par Dieu, et permis le développement des sciences naturelles.» On lui objecte les réticences de l’Église envers les PMA et GPA. Son ton se durcit: «La science, ce n’est pas l’autorisation de faire n’importe quoi, comme ces horreurs post-hitlériennes, l’eugénisme et l’euthanasie, qui sont en train de se mettre en place.» Au fil de son livre, il cite Dostoïevski écrivant que «l’homme ne peut conserver forme humaine qu’aussi longtemps qu’il croit en Dieu». Est-ce à dire qu’il n’y a pas d’humanisme sans Dieu ? Il opine, songeur.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Jean Clair n’est pas désespéré. Il remarque chez les moins de 30 ans une inquiétude, un sérieux, une volonté de comprendre qui n’existaient pas chez leurs aînés. Certes, ces jeunes gens manquent de maîtres pour les guider dans leur réflexion : «Mais si la question est là, la réponse viendra.» (…) »

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