2 novembre, jour de prière pour les défunts…

… L’occasion de réfléchir avec le jeune peintre et sculpteur Augustin Frison-Roche sur les tombes de nos cimetières modernes. Extrait d’un entretien paru dans France Catholique no. 3371 du 25 octobre 2013 :

« La tombe est toujours le reflet d’un rapport spécifique à la mort. Elle témoigne de la manière dont la tombe est perçue et de la place qu’elle occupe dans la société. De ce point de vue, nos cimetières sont éloquents : la tombe moderne uniformisée et standardisée, aseptisée, à l’esthétique souvent douteuse, est bien, dans sa forme, le reflet de la conception de la mort qui domine dans notre société, à savoir une conception matérialiste.

Le recours au préfabriqué et le peu de soin apporté au caveau sont autant de témoins de cette nouvelle manière de la percevoir. La réduction et la simplification du rite qui touche les funérailles laïques, mais aussi les funérailles religieuses (selon le degré d’ingérence des pompes funèbres) a entraîné un appauvrissement des symboles, de leur nombre et de leur compréhension.

Sur la stèle de granit poli, même la croix peine à évoquer la transcendance, car elle est devenue une simple option, plaquée sur un standard, quand elle n’est pas effacée ou remplacée par des images plus neutres (coeurs, ballons de foot) ou simplement par des formes abstraites et molles, très représentatives du vague qui entoure cette question. Autre caractéristique éloquente : la multiplication des photos sépia ou des plaques commémoratives. Images de cette lutte, aussi vaine qu’acharnée, contre l’oubli. Car la mémoire est, pour la pensée matérialiste, la seule vie après la mort et la perspective d’oublier ou d’être oublié qui entraîne la disparition totale. Pour la même raison, le granit rassure, cette pierre extrêmement solide qui semble vouloir s’affranchir du temps (et de l’entretien).

Sans transcendance et sans espoir, cette tombe ne matérialise que l’absence. Elle montre la fin à laquelle il faut bien se garder de trop penser. Seul domaine qui échappe aujourd’hui à la toute-puissance orgueilleuse de l’homme, la mort est devenue un tabou, le seul de nos sociétés occidentales après l’abolition de tous les autres.

Il va de soi que la forme des tombes actuelles et donc leur sens, leur message, ne répondent pas à une conception chrétienne de la mort. Pourtant, en l’absence d’autres propositions, nombre de chrétiens subissent, malgré eux, ces tombes et l’image de la mort qu’elle leur renvoie. J’ignore si elle va jusqu’à influencer leur conception même de la mort – je ne suis pas loin de le penser… »

L’article complet se trouve sur le site de France Catholique.

 

Petite balade au cimetière de l’Est pour juger de la différence…

 
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« Tous ceux que le Père me donne viendront à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m’a envoyé.
Or, la volonté du Père qui m’a envoyé, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour. Car la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; et moi, je les ressusciterai au dernier jour.
» (Jean 6, 37-40)

 
 
 
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