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Il a été question il y a quelque temps sur ce blog de la Vierge du XIIe siècle qui se trouvait il y a encore quelques décennies au 28 rue Saint-Gengoulf à Metz. L’occasion, en ce premier jour du mois de Marie, et alors que la famille est attaquée comme jamais dans notre pays, de rappeler ce qu’était la Vierge nourricière dans l’iconographie du Moyen Âge.

« « Bienheureuse celle qui vous allaita », dit un jour au Sauveur une femme du peuple, – qu’une vieille légende, enregistrée par Corneille de la Pierre (Comm. in Luc., XI, 27), nomme Marcella et dont elle fait une servante des soeurs de Béthanie, Marthe et Marie. L’Evangile en a consigné avec raison la louange : elle affirmait sans lyrisme, avec un naturel et un argument tout féminin, la grandeur du mystère, où le Christ, qui repaît les anges et nourrit tous les êtres, pascentem Angelos et sustentantem omnia, a voulu marquer combien il appartient à la Femme. Que nous ayons une dette envers Elle, dont le lait forma le nom du Rédempteur, l’Eglise le rappelle, comme avec l’insistance régulière d’une cloche d’Angelus, quotidiennement à la fin des heures canoniales, puis au cours du cycle liturgique, à toutes les fêtes de Notre Dame, dans de nombreux versets, répons et hymnes.

L’art médiéval, infiniment sensible et chrétien, pouvait-il ne pas contempler Marie offrant son lait au Dieu de quelques mois ? D’une façon générale, l’attendrissement reste dans la mesure qui convient, sans les audaces de l’Ecole flamande. L’art français se veut ici, plus que jamais, fidèle à la tradition de courtoisie envers la Vierge : pinceaux et ciseaux se sont exprimés avec la même délicatesse que la poésie de l’Eglise, associant blancheur du lait et blancheur du lis :

Lacte fluunt ubera

Cum pudoris lilio… »

Maurice Vloberg, La Vierge et l’Enfant dans l’art français, Arthaud, 1954

IMG_0378 - Copie

Vierge à l’Enfant XIVe siècle, Thionville (seul le bras droit date des années 2000 !)

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