La vie fascinante des moines

« Quelle vie fascinante que celles des moines reclus à l’ombre de leurs abbayes et de leurs monastères, véritables piliers du ciel !

Ils ont quitté parents et amis, ont renoncé aux plaisirs matériels et charnels, à toute descendance pour vivre dans le silence de la communauté.

Leur chemin a été tracé par ces hommes du désert qui, aux premiers siècles de la Chrétienté, vivaient en ermite dans les solitudes de la Palestine, de la Syrie, en Mésopotamie, en Asie mineure et même au-delà de l’Empire romain.

Certains ont été de vrais héros populaires. C’est le suffrage universel qui les proclamait à l’origine. Or, débarrassés des voiles brodés de la légende, ils sont encore plus beaux et plus nobles.

Leur acte sublime d’amour avec le Christ frappait l’imagination du peuple qui accourait pour voir ces prodigieux martyrs tantôt s’enfermant dans une fosse où on ne pouvait ni se tenir debout, ni se coucher, tantôt immobiles jour et nuit sur une étroite plate-forme, en haut d’une colonne ; tous refusant la boisson, la nourriture, le sommeil ou n’en prenant que juste ce qui était indispensable pour ne pas mourir.

Saint Antoine fut le premier parmi ces ermites du désert à s’arracher aux charmes austères de cette solitude pour fonder un monastère à Alexandrie qui sera suivi de nombreux autres. Bientôt des troupes de moines y affluèrent jusqu’à être près de quinze mille.

Le silence des cloîtres, rythmé par les heures de prière, enveloppe la vie du moine dans son combat entre les vertus et les vices. Véritable lien entre le ciel et la terre, entre la solitude et la communauté, entre l’intérieur et l’extérieur, le moine médite surtout sur lui-même, sur les autres de son espèce, sur le sort du monde et sur la création tout entière.

Combien de renoncements et de mépris des choses terrestres, combien de doutes et de labeurs, combien d’espoirs et de confiance et enfin combien d’amour et d’extase !

C’est précisément la foi en cette force céleste qui anime les moines dans la réalisation de leurs abbayes et de leurs monastères. Ils veulent en faire une société parfaite, une autre Jérusalem. L’architecture, au service de cette gloire, joue de ses lignes les plus pures, les plus parfaites. L’église, le cloître, la salle capitulaire, le réfectoire, le dortoir, parfois la forge, les étangs, le tout forme un ensemble refermé sur lui-même où seule l’église est parfois ouverte aux laïcs. Max Weber interprète cette autarcie par un renoncement au monde. Les moines, eux, se considérant prédestinés, élus de Dieu, estiment se préparer ainsi au couronnement suprême d’une vie sans péché. (…) »

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Violaine de Vlieger von Lauer, préface à Histoires secrètes des abbayes et monastères, J.-J. Bourassé, éditions Jean de Bonnot

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