Saint-Vincent vue par Auguste Migette

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« Le 7 juin 1878, vers le matin, je suis allé à l’église Saint-Vincent. En entrant, j’ai revu avec plaisir les jolies portes du XVIIIe siècle, couvertes de sculptures d’un dessin si bien trouvé et sans aucune hésitation apparente. Le sommet triangulaire du fronton de l’ordre corinthien qui termine la façade était surmonté d’un vase comme il en existe encore quatre au-dessus des extrêmités des deux corniches de chaque côté. Ce vase a été démonté et remplacé le 7 mai 1847 par une croix.

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L’intérieur de l’église, plus on la voit, plus elle plaît par sa nef élancée que supportent douze piliers à colonnettes ; par la majestueuse régularité de son choeur, par l’élévation de ses croisées géminées, par l’encadrement bien conçu de ses chapelles en ogives, et par cet ensemble rare d’une construction gothique conçue dans le même esprit. Je doute que son ancienne décoration avec ses jubés, tombeaux, candélabres, peintures, etc., puisse ne pas laisser préférer parfois sa belle nudité, qui doit tout son charme à son imposante architecture. Pour plaire, elle peut se dispenser à la rigueur du concours de tant d’autres arts qu’on serait cependant bien aise de trouver après ce premier moment d’admiration. Quoique sobre d’ornements sculptés, on en trouve cependant qui mériteraient d’être reproduits à cause de leur originalité. Ainsi quelques chapiteaux se trouvent réunis par des entrelacements d’animaux fantastiques. La disposition du choeur avec ses tribunes élevées donne à cette partie de l’église un caractère à part. Je ne m’en explique pas la destination. Y plaçait-on, les jours de grandes fêtes, des musiciens, des chantres ?

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A part les vitraux de l’abside qui sont à peu près faits avec unité, tous les autres semblent placés au hasard et sans aucun rapport avec une décoration préconçue qui paraît nécessaire dans un monument aussi symétrique, cela leur nuit plus qu’une exécution quelquefois sans caractère et affadie.

Le Moyen-Âge savait donner à un tel ensemble un sentiment religieux et naïf, nous ne pouvons plus de même, tâchons donc alors, au lieu d’essayer des imitations impossibles de trouver devant un tel programme à exprimer le peu de croyance qui nous reste d’une manière conforme à ce que nous pouvons encore concevoir. »

Auguste Migette, peintre messin, cité par Jean-Julien Barbé dans Notre Vieux Metz / Notes et Souvenirs, Paul Even Imprimeur-Editeur, 1934

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