Pourquoi Dieu manque à la France

« J’aurais aimé déployer une prose des plus grandiloquentes. Un peu de génie n’aurait été que juste politesse envers Celui qui peut tout. Hélas, des poètes, il n’y en a plus et ces quelques lignes seront la complainte pathétique et insensée d’une jeune fille qui croit.

Dieu ! Un terme obscène désignant l’ombre évanouie d’un ancien oppresseur dont nos terres ont été libérées, heureusement libérées ! Mais il fallait bien combler cette place laissée vacante : en ces temps impies, comme il n’est plus de Justice divine, il faut que l’homme érige la sienne pour ne pas se morfondre devant l’inégalité désormais inexpliquée.

Ce n’est pas un hasard si la dictature communiste russe brûlait les églises et si celles de la Chine et de Cuba se déclarent farouchement athées, coupant les ailes du peuple pour mieux le rendre dépendant de la justice sociale qu’il prétend lui offrir.

Nous voilà donc bons à nous rendre coupables et honteux d’une grandeur qui donne le vertige car nous avons appris à regarder en bas. Puisqu’il n’est plus rien pour expliquer le drame, nous voici encombrés d’un complexe de supériorité face à la ruine des autres que seule la nôtre pourra consoler.

Nous voilà bons pour la repentance aveugle offerte aux nations affligées de destins difficiles et aux communautés venues de terres éprouvées par l’Histoire : n’avez-vous pas remarqué que les temps ont vu disparaître Dieu en même temps que la fierté de nous-mêmes ?

Nous voilà bons à traquer l’excellence, taire la médiocrité et détruire le mérite : « 80% de bacheliers » ordonnés par Mitterrand, une école où les enfants ont l’écriture médiocre et la lecture maladroite, des quotas dans les grandes écoles et un niveau scolaire en déclin continuel car il n’est pas juste qu’il existe de bons et de mauvais élèves ; il faut alors se presser à niveler les terrains rugueux et inégaux, couper les têtes qui dépassent et hisser celles qui attendent en bas.

Nous voilà bons à réparer la cruelle nature : pauvres homosexuels sans descendance ! Pauvres couples stériles sans progéniture ! Il nous faut dérober les ventres des autres femmes afin d’offrir justice et égalité aux âmes démunies !

Nous voilà bons à dire que tout est relatif et que tout se vaut puisqu’il serait injuste qu’il y ait beauté et laideur, bassesse et grandeur ! Il nous faut terrer ce qui devrait nous rendre fiers : la qualité des uns offense l’orgueil des autres.

Nous voilà bons à être dépouillés de bravoure, craintifs face au péril, car nous avons oublié l’idée du destin. Le libre arbitre pur venu nous libérer ne nous diminue-t-il pas finalement à bien des égards ?

Nous voilà bons à détester le drame autrefois sublimé, puis à se demander pourquoi l’art est mort en se touchant sur Christine Angot et les tentatives contemporaines d’échapper au médiocre, en empilant des gobelets sur un socle en plastique.

Nous voilà finalement bons à rien déconnectés du Ciel, épris d’une justice vaine et artificielle, car Dieu manque à la France, et c’est de votre faute.« 

IMG_1320_2

Altana Otovic, étudiante, le 19 janvier 2013
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s