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CBaudoche« Pour ces Messins, depuis trente-sept ans, il n’est pas de meilleur plaisir que de dresser les monuments du souvenir sur tous les plateaux du pays, ni de souci plus jaloux que de protéger leur cathédrale. Chacun d’eux recueille les moindres épaves des champs de bataille, s’attache à l’entretien des ossuaires, surveille avec inquiétude les entreprises, les menées des vainqueurs protestants autour de la vieille basilique, et veut qu’elle demeure dédiée au dieu des Messins. Voilà leur piété, voilà leur fierté ! Au fond de ces coeurs vivent toujours les idées qui inspirèrent les deux plus grandes fêtes du Moyen Âge catholique : la fête en l’honneur des saintes Reliques et celle pour la Dédicace de l’église. Avec quelle amitié minutieuse nos pères, jadis, consacraient chaque partie du bel édifice ! De quelle vénération, enthousiaste et confiante, ils entouraient les moindres restes de martyrs, des héros. Aujourd’hui, ces deux idées ne sont plus comprises qu’imparfaitement ; on les délaisse, mais sous la cendre qui les recouvre, le moindre souffle les ravive. Elles composent peut-être la religion naturelle de notre race, ce qui s’éveille dans la partie mystérieuse de chacun de nous et qui nous réunit, les uns les autres, au choc d’une émotion de douleur et de joie. Ces nobles revenantes, ces pensées éternelles animent, ce matin, la foule. »

Evocation d’une messe de commémoration à la cathédrale pour les soldats morts pendant le siège de Metz de 1871 dans Colette Baudoche, histoire d’une jeune fille de Metz de Maurice Barrès, réédité en 2012 par les Editions des Paraiges

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