Clochemerle en Parisis ?

Il y a dans l’Eglise gallicane de bien mal nommés « Monseigneur » qui sont prêts à sacrifier des pans du patrimoine religieux de la France – construit et animé pendant des siècles pour la plus grande gloire de Dieu – au culte de Mammon.

Un exemple supplémentaire avec l’affaire des cloches de Notre-Dame de Paris, bien résumé par Nouvelles de France :

Tribune libre d’Emmanuel d’Hoop de Synghem*

« L’attitude du recteur de Notre-Dame de Paris dans la querelle de l’attribution des anciennes cloches de la cathédrale a quelque chose de surréaliste. Monseigneur Patrick Jacquin, grand ordonnancier des festivités du 850e anniversaire de Notre-Dame, qui a ordonné le remplacement  de ses cloches, s’oppose absolument à ce qu’elles soient attribuées au chantier-école de l’Association Sainte-Croix de Riaumont, comme le prévoyaient en juillet dernier les services de la DRAC, seuls décisionnaires en la matière.

Il faut en effet rappeler que du point de vue du droit, le recteur n’est qu’affectataire de la prestigieuse cathédrale ainsi que des cloches dont il est ici question. Exclusivement réservés au culte catholique, le célèbre bâtiment gothique et son clocher, naguère chantés par Victor Hugo, appartiennent de fait à l’État et sont gérés par les Monuments historiques.

Sonnez, cloches des cathédrales, tonnez canons, battez tambours !

On aurait pu croire qu’ayant décidé d’offrir à sa cathédrale un fastueux ensemble de huit cloches flambant neuves, le recteur se serait désintéressé du devenir des quatre anciennes. Que la perspective de les voir couler une heureuse vieillesse dans le clocher d’une église catholique ne pouvait que lui être agréable. Par exemple, dans le clocher de la future église du Village de Riaumont. Avec lui, tout chrétien se fût ému d’apprendre que cette église en construction sert de chantier-école à des enfants en grande difficulté. Sous la direction de religieux bénédictins, ils ont la chance merveilleuse de s’initier dans un cadre exceptionnel à leur future profession de maçons, de charpentiers et de tailleurs de pierre. Les vieilles cloches fatiguées eussent encore carillonné pour rythmer le travail, les joies et les prières de jeunes apprentis.

Hélas, la vie de recteur de cathédrale n’est pas un long fleuve tranquille… En octobre, la sanction tombe au téléphone, comme un couperet de guillotine : « Non, c’est non, les moinillons de Riaumont n’auront pas les cloches. » Foi de recteur.

Il en faut plus pour décourager les moines de Riaumont. Habitués aux caprices de leurs chers pensionnaires, et accessoirement à certaines rancunes ecclésiastiques, ils n’ont pas pour habitude de caler devant l’adversité. Le bon recteur aura été mal renseigné : il faut toucher son cœur de prêtre et emporter la décision. Les moines sonnent à la porte de la cathédrale, ils tambourinent à l’Archevêché. « Vous allez avoir de belles cloches rutilantes, laissez-nous récupérer vos antiques sonnailles, dont vous dites qu’elles ont peu de valeur. »

Une plaidoirie à fendre le cœur d’un rocher. Des citations d’Évangile. Quelques rappels opportuns de la législation, qui dit très clairement que le recteur n’a, de fait, aucune autorité sur le devenir d’un bien qui ne lui appartient pas…

Cinquante ans après le Concile Vatican II, à Lutèce, l’heure n’est pas encore à l’écoute, au dialogue ni au partage. On le leur fit bien voir…

Quand tout à coup, le pot aux roses apparaît : scellé en haut lieu, le destin des cloches prévoyait leur destruction et leur refonte sous forme de clochettes touristiques vendues aux badauds avec la mention « coulée dans le bronze des anciennes cloches de Notre-Dame ». Pour plus d’économie, l’opération aurait été commise en Chine, où une population laborieuse et frugale produit beaucoup pour peu d’argent.

L’humble requête des moines vire à la sainte (?) colère : tel l’ange exterminateur, le prieur de Riaumont, accompagné d’un huissier de justice, vient rappeler la loi républicaine au fondeur de cloches stipendié pour organiser le forfait. La justice est saisie. Les moines quittent la truelle et la varlope et se lancent sur l’internet : Communiqués, interviews, pétition en ligne. Documents à l’appui, quiconque veut se faire une idée peut l’étayer de solides arguments.

Le déroulement du très flamboyant 850e anniversaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris semble en effet cacher de bien curieuses méthodes. La façon cavalière dont a été gérée la restauration du clocher de la grande cathédrale ne plaît pas à tout le monde.

Mais comment va tourner l’affaire ? Les dénégations les plus absolues ont du mal à passer devant des faits avérés.

Pourquoi donc les cloches ont-elles pris le chemin de la fonderie ? « Pour être stockées en sécurité », répond benoîtement le recteur. On sait bien que la capitale est peu sûre par les temps qui courent. Jadis, Claude Frollo eut d’épiques démêlés avec la pègre parisienne …

Pris la main dans le sac, le bon prélat se reconvertit opportunément en défenseur du patrimoine et promet que jamais plus les cloches ne quitteront le sol de Paris. Elles seront exposées à la dévotion des passants et des chiens errants dans un square proche de la cathédrale. La décision, assure-t-il, a été prise en haut lieu par la DRAC : Direction régionale des affaires culturelles.

La DRAC, seule décisionnaire.

La DRAC seule responsable.

La DRAC, seule muette dans ce charivari de Clochemerle.

Qu’importe : le recteur parle pour elle.

Se laissera-t-elle dicter ses décisions ? »

Pour signer la pétition, le lecteur est invité à se rendre sur le site www.riaumont.net.

*Emmanuel d’Hoop de Synghem est un humble ami, parmi bien d’autres, de Riaumont.

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