L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (IV)

Présentation des protagonistes
L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (II)
L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (III)

« Février 1764

(…) Le 12, j’apprends qu’aucun banquier de Rome n’a osé demander à Rome le non transeat pour Saint-Vincent, de crainte de l’ambassadeur de France qui le leur a défendu ; en conséquence, je propose au prieur de Saint-Vincent de s’adresser aux président et procureur général de la congrégation du Mont-Cassin ; et on le fait. Je lui suggère encore de s’adresser au procureur général de nos confrères anglais à Rome, et on le fait pareillement. Dieu veuille que ces voies réussissent ! (…)

Mars 1764

(…) [Le 21], le prédicateur de S. Benoît à Saint-Arnould, qui est le père gardien des récollets, prêche avec applaudissement et fait une finie sortie contre l’entreprise sur Saint-Vincent : les Messins ont failli battre des mains, tant ils l’ont approuvé. (…)

Août 1764

(…) Le 8, j’apprends que Monsieur l’évêque a écrit à Rome pour demander la réunion de Saint-Vincent à Saint-Pierre.

Le 13, Monsieur d’Armentières revient à Metz.

Le 16, il envoie chercher Monsieur le maître-échevin et lui demande de consentir à la suppression de Saint-Vincent ; il le refuse. (…)

Le 29 août, nous apprenons que l’agent de Saint-Pierre court dans la ville pour faire signer quelques pièces pour leur entreprise sur Saint-Vincent. Comme nous savons d’ailleurs que Monsieur l’évêque a écrit à Rome que c’est le vœu de toute la ville que cette abbaye soit réunie à Saint-Pierre, nous soupçonnons que le but de la démarche était d’avoir des signatures tendant à prouver ce que Monsieur l’évêque a avancé faussement.

Septembre 1764

Le 15 septembre, nos confrères de Saint-Vincent, pour prouver combien tout le peuple est éloigné de désirer la suppression de Saint-Vincent, proposent aux échevins synodaux tant anciens que modernes et aux notables des paroisses de la ville, de déclarer là-dessus la vérité, et tous, excepté ceux des petites paroisses de Saint-Etienne, de Saint-Maximin et de Saint-Gorgon, qui ont été intimidés, tous ont attesté par un acte authentique pour envoyer à Rome, que non seulement ils ne souhaitaient pas l’extinction de ce sanctuaire, mais qu’il gémissaient, etc, à la seule nouvelle de cette entreprise. (…)

Dans la nuit du 20 au 21, [l’archevêque de Cambrai] part de Metz. La raison pourquoi il décampe comme cela sans se montrer à Metz qu’il aime tant, est, dit-on, la honte de n’avoir pas encore pu réussir dans l’affaire indigne sur Saint-Vincent, dont on le dit le moteur. »

Publicités