L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (III)

Présentation des protagonistes

L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (II)

« Janvier 1764

Le 1er de l’an, je prêche la rénovation des vœux. Le même jour, on m’avertit qu’après avoir envahi Saint-Vincent, on en veut à notre abbaye de Saint-Clément. Dès lors, je prends mes précautions ; je travaille à une supplique pour le non transeat à Rome, et je la ferai partir au premier clin d’œil, si je ne le préviens. On continue à parler de la grande affaire de Saint-Vincent durant toute la semaine.

Le 6 arrive M. de Boufflers en qualité de major général de toutes les troupes qui sont à Metz. Il repart de suite.

Le 19 arrive de Paris M. le prieur de Saint-Vincent, fort joyeux et bien portant, dans la confiance que le vol de son abbaye ne sera pas consommé. Veillez à cela, Seigneur ; car les hommes sont capables de tout mal.

Le 20, je reçois une lettre de M. l’abbé de Saint-Mathias de Trèves par laquelle il me souhaite la bonne année et me donne avis qu’il m’envoie un caque de bon vin de Moselle, qui arrive en effet le même jour franc de part.

Le 22 se célèbre la fête de Saint-Vincent, patron de l’abbaye de ce nom en cette ville, et cela avec beaucoup de solennité de la part de la communauté qui est de 25 religieux, et beaucoup d’affluence de la part des peuples, de sorte que cette grande et superbe basilique pouvait à peine les contenir. Il y a eu un sermon prononcé par don Willaume, maître des novices de l’abbaye, qui a terminé son discours par invoquer le saint pour qu’il obtienne de Dieu que ce temple auguste soit toujours desservi avec une magnificence semblable à celle de ce jour par lui et ses confrères.

Le 22, le Courrier d’Avignon qui arrive ce jour porte que Saint-Vincent est supprimé. (…)

24, 25, etc. Le bruit court que Madame de Saint-Pierre a reçu les bulles de suppression de Saint-Vincent. Nous ne le croyons pas : c’est apparemment ce qui est marqué dans le Courrier d’Avignon qui donne lieu à ce bruit. Au reste, il ne paraît pas que ces dames soient bien sûres de nous enlever ce sanctuaire. Une d’elle disait récemment en compagnie, parlant des religieux de Saint-Vincent : « Ces pouilleux gagneraient encore bien leur procès. » »

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