1772 : naissance d’Etienne-Pierre Morlanne dans le quartier Saint-Vincent

« La pointe sud de l’île Chambière porte, au pied de la cathédrale, tout un quartier de Metz.

Les deux célèbres abbayes bénédictines Saint-Vincent et Saint-Clément y vivaient encore au XVIIIe siècle.

Commes deux soeurs voisines, qu’un même souci de science unissait plus étroitement, elles versaient à l’envi leurs derniers bienfaits, avant de périr dans la même catastrophe.

Non loin de la première, à quelques pas des remparts, au no. 8 d’une petite rue qui coupe à angle droit la rue Saint-Marcel et porte encore aujourd’hui le nom de la Vignotte, habitait en 1772 un chirurgien-major, âgé de quarante-deux ans, du nom de Pierre Morlanne.

Il était originaire du Béarn, de la paroisse de Garos, d’une famille de médecins et de chirurgiens militaires, fils de défunts Barthélémy Morlanne et de Jeanne Darmont. Entré comme aide-chirurgien-major dans les hôpitaux de l’armée en 1757, il avait été nommé, en 1764, au régiment des Recrues de Rouen, puis, le 10 janvier 1768, au régiment de cavalerie Royal-Pologne, en garnison à Metz.

Il venait d’épouser Anne-Antoinette Janet, presque aussi âgée que lui, dont le père, Etienne Janet, était marié à Marie-Françoise Philippe et exerçait la profession de marchand. Etienne Janet avait été receveur des fermes du Roi, et son fils, François, qui habitait sur la paroisse Saint-Martin, était alors caissier-général des gabelles des Trois-Evêchés.

Le 22 mai 1772, le jeune ménage eut un fils qu’on appela, des prénoms du père et du grand-père, Etienne-Pierre. Il fut baptisé le jour même de sa naissance en l’église Saint-Marcel, sa paroisse.

C’était une petite église qui faisait face à la rue de La Haye, à l’angle des rues Saint-Marcel et du Pont-Saint-Marcel. Elle avait dû servir primitivement de chapelle aux domestiques et paysans de l’abbaye Saint-Vincent et elle avait été reconstruite comme paroisse aux XIIe et XIIIe siècles. Dieudonné, la savant bénédictin du XVIIIe siècle, la disait riche et jolie, « bien que gothique en toutes ses parties ».

Il lui manquait cependant l’ampleur majestueuse de l’église abbatiale Saint-Vincent, et quand, en 1802, il fallut choisir une église paroissiale, Saint-Marcel fut sacrifiée. »

Extrait de “Le chirurgien Morlanne” de Lucien Bouchon, Editions Spes, Paris, 1928

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