L’abbaye Saint-Vincent dans le journal de Dom Jean François (1760-1772) (I)

Dom Jean François est né en janvier 1722. Il devient sous-prieur de l’abbaye Saint-Symphorien en 1759, puis prieur de Saint-Clément de 1762 à 1768. Il est par ailleurs l’un des fondateurs de l’Académie de Metz, et le rédacteur avec Dom Nicolas Trabouillot de la fameuse « Histoire de Metz », parue en 1769. A partir de 1760, il écrit un journal – dans le but peut-être de faire paraître une suite à cet ouvrage – dans lequel il privilégie les évènements ecclésiastique et littéraire qui se déroulent à cette époque à Metz, mais aussi en France et en Europe.

Ce journal, publié par l’Académie de Metz en 1913, évoque régulièrement l’abbaye Saint-Vincent, et plus particulièrement les péripéties qu’elle a subies pendant cette période, ce qui sera relaté en plusieurs articles sur ce blog. Mais avant cela, il nous faut présenter quelque peu la principale instigatrice de ces manoeuvres, à savoir Madame Charlotte-Eugénie de Choiseul de Stainville que Dom Jean François ne semble guère porter dans son coeur.

Après le décès de l’évêque Claude de Saint-Simon le 29 février 1760, le roi Louis XV nomme pour le remplacer Mgr Louis-Joseph de Montmorency-Laval au mois d’août de la même année.

Le 30 octobre 1760 arrive à Metz la nouvelle abbesse de Saint-Pierre-aux-Nonnains, Madame de Choiseul de Stainville. Elle est accompagnée par M. Choiseul de Beaupré, son parent, évêque de Châlons-sur-Marne, et de M. de Choiseul de Stainville, son frère, archevêque d’Albi et abbé commendataire de Saint-Arnould à Metz. La nouvelle abbesse est reçue chanoinesse de Saint-Pierre dès le lendemain de son arrivée.

Dom Jean François semble émettre des doutes quant à la véracité des bulles reçues du pape Clément XIII pour confirmer la nomination de Madame de Stainville. Elles sont différentes en tout cas de celles qui avaient été émises pour les précédentes abbesses de Saint-Pierre, et semblent être fondées sur un exposé incorrect.

En mai 1760, le roi avait accordé à la nouvelle abbesse de Saint-Pierre l’autorisation de réunir Sainte-Marie à Saint-Pierre (toutes deux abbayes bénédictines de femmes) avec les biens en dépendant, afin de constituer un chapitre noble. Le nouvel établissement est érigé en novembre 1762 en collégiale sous le nom de chapitre royal de Saint-Louis. Metz perd ainsi deux maisons de l’ordre de saint Benoît, dans lesquelles cependant la fameuse règle n’était plus vraiment respectée.

Nous laisserons par la suite parler Dom Jean François lui-même quand il sera question de l’abbaye Saint-Vincent, tant sa liberté de ton et son humour savoureux ne peuvent être égalés.

En plus de trois des liens ci-dessus, la rubrique « Metz par M. Robert de Hesseln » du site du village d’Hestroff (ancienne possession de l’abbaye Saint-Pierre) propose de nombreux articles sur les Dames de Saint-Pierre et Sainte-Marie, ainsi que d’autres articles sur l’histoire de Metz en général :
. Les abbayes royales de filles au 18e siècle
. Les Dames de Saint-Pierre et Sainte-Marie de Metz… des rebelles ?
. Les Dames de Saint-Pierre et Sainte-Marie de Metz délogées
. Les Dames de Saint-Pierre, de sainte Valrade à Charlotte-Eugénie
. Les abbesses de Saint-Pierre et Sainte-Marie, une affaire de famille
. Les possessions des Dames de Saint-Pierre
 
 

Cette série d’articles sera dédiée à l’ami Charles, amoureux fou et passionné de la basilique Saint-Vincent, qui a rejoint le Père ce 22 mai 2012. Tu le sais, Charles, nous ne la laisserons pas tomber, et nous comptons sur toi pour nous aider de là où tu es !

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