Mots-clefs

, ,

Extrait de « Histoire secrète de la Lorraine » de François Ribadeau Dumas, éditions Albin Michel :

« C’était un prélat riche, dur et ambitieux que le comte Renaud de Bar, élu évêque de Metz en 1301. Il exigeait non seulement un serment de fidélité de ses commettants, mais aussi dans chaque ville où il passerait le pain, la viande, la bière, le foin et l’avoine, un maître d’hôtel, des tables couvertes de nappes et munies de serviettes, de pots et de verres, moyennant quoi il voulait bien renouveler le privilège de faire bouillir les eaux salées pour en tirer le sel, à condition d’en jamais livrer à des étrangers.

Lorsque son frère Henri III de Bar partit en croisade, il confia son domaine à l’évêque Renaud. A Metz, il réforma les ordres monastiques avec sévérité, il rappela aux religieux leur voeu de pauvreté et leur interdit d’hériter de leurs parents, ce qui déplut aux cordeliers, aux prêcheurs, aux carmes, aux augustins et aux dames prêcheresses, aux repenties, aux dames de Clairvaux, aux grandes pucelles. Il passa outre, interdisant aussi aux religieux et religieuses de recevoir des visites au monastère, sauf celles de la famille proche. On fut indigné.

L’évêque ne manquait pas d’utiliser des hommes d’armes pour se faire obéir, ou pour récupérer des biens revenant à l’Eglise. Quand il entrait à Metz, une immense procession se déroulait.

Thiébaut II, duc de Lorraine, eut maille à partir avec l’évêque atrabilaire. En effet, l’évêque refusait les impôts ordonnés par le duc. Il fallut en référer au pape. Les officiers du duc en furent mécontents, et conspirèrent.

En 1316, l’évêque expira, sous l’effet du poison disait-on. On l’enterra dans la cathédrale de Metz, en grande pompe. Son tombeau fut ouvert le 7 juin 1521. On trouva entre ses mains un calice d’or, une patène d’argent doré, deux lourds anneaux aux doigts, l’un en or orné d’un saphir, l’autre d’argent portait un rubis. Il était revêtu d’une chappe brodée d’or, d’une mitre magnifique, où se voyaient brodés Moïse et Aron. Sa crosse était d’ivoire. Aux deux côtés de sa tête se voyaient deux écus, où figuraient les armes du comte de Bar. Le clergé l’en dépouilla.

L’évêque Renaud est le premier évêque à avoir affiché les armoiries de sa naissance. Il signait ses décisions comme « Evêque de Metz, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique » Il fut le seul à porter pareils titres et à en appeler au pape constamment.

Il mourut en d’atroces souffrances. »

Ce que cet ouvrage ne précise pas, c’est que c’est semble-t-il à l’abbaye Saint-Vincent que cet évêque fut empoisonné…

Le bréviaire et le missel de Renaud de Bar sont consultables en ligne ici.

Publicités