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Extrait de « Vieux Metz, le quartier Saint-Vincent » d’André Jeanmaire, 1976.

« De la rue Saint-Marcel à la rue Belle-Isle.

Elle fut ouverte en 1735 sur un terrain dépendant de l’hôtel abbatial de Saint-Vincent.

Elle prit d’abord l’appellation de rue du Rempart, parce qu’elle avait issue sur le rempart Belle-Isle. Mais bientôt on l’appela rue d’Eltz, du nom du baron d’Eltz, alors abbé de Saint-Vincent.

Dans le prolongement de la rue s’ouvrait une impasse formée lors de la création du lycée, en 1804. Elle est actuellement fermée par une grille.

M. Hollandre et son épouse, née Piquemal, perdirent leur fille unique Constance en 1842. Inconsolables, ils résolurent d’employer la plus grosse part de l’héritage, ainsi détourné de sa destination naturelle, à la fondation d’un orphelinat de filles.

Ils acquirent à cet effet une vaste maison sise à l’extrêmité de la rue Saint-Marcel, et qui comprenait la partie du vieil hôtel du Passetemps formant, avant la révolution, l’extrêmité du couvent des Ursulines.

La première pierre du nouvel édifice fut posée le 16 avril 1849. L’architecte était un Messin du nom de Charles Gautiez, mort dans notre ville en 1856. La construction, achevée en 1852, fut ouverte aux soeurs de Saint-Vincent de Paul. Mgr Dupont des Loges consacra la chapelle le 28 juillet. (…)

La ville, reconnaissante, donna à la rue d’Eltz, le 28 septembre 1867, le nom de rue Hollandre-Piquemal.

Les bâtiments de Sainte-Constance, détournés de leur destination première, furent rattachés au lycée en 1954.

L’hôtel du Passetemps, dont nous venons de parler, était une grande maison de plaisance construite par Pierre Baudoche à partir de 1486, sur l’emplacement d’un ancien moulin appelé Moulin Grangié, et de plusieurs maisons.

Sur la porte d’honneur, on pouvait lire :

Passetemps pour gens solacier
Est nommée ceste maison,
Qui par avant longue saison
Se nommait le mollin Grangier.

      

Il s’y donna des fêtes fastueuses, et elle acueillit moult brillants seigneurs et personnages de marque.

François de Baudoche, dernier du nom, s’en désintéressa et, après sa mort en 1558, la fastueuse demeure tomba en décrépitude. Elle appartint à la fin du XVIe siècle à Jean de Morbach, échevin de Sierck. Ce qui lui valut, pendant un temps, le nom d’Hôtel de Morbach. Paul Ferry la posséda jusqu’en 1650. (…)

Une gravure de Châtillon, de 1614, donne une vue de l’hôtel du Passetemps. Elle a pour titre : BELLE MAISON ET MAGNIFIQUE ESTANT EN LA VILLE DE METZ.

Démolie en 1806, il n’en reste qu’une élégante tourelle octogonale à baies ogivales accrochée au bâtiment de Sainte-Constance, et se mirant dans la Moselle. »

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