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Le chapitre « Baroque et rocaille dans les églises de Metz » par Eugène Voltz, dans « Patrimoine et culture en Lorraine« , éditions Serpenoise / Société d’Histoire et d’Archéologie de la Lorraine, 1983, fournit un certain nombre d’informations sur les changements survenus à l’abbaye Saint-Vincent aux XVIIe et XVIIIe siècles.

« (…) Le frontispice de Saint-Vincent entasse les trois ordres classiques, soulève les masses en un jaillissement de verticales, suscite des ombres profondes en un contrepoint puissant que soulignent les rais de soleil accrochés par les fûts des colonnes lancées en avant du mur. Jean Antoine, architecte et arpenteur général du département de Metz, à qui nous croyons pouvoir attribuer la paternité du projet accepté en 1754 par les religieux bénédictins, avait certes devant les yeux le modèle de Saint-Gervais de Paris, mais il sut l’adapter avec intelligence et sans perdre sa propre personnalité.

(…) La remarquable tribune en encorbellement lancée au revers du portail de Saint-Vincent ravit certes par le raffinement de sa décoration, mais c’est d’abord et surtout la savante stéréotomie de ses courbes et l’habileté du constructeur qui suscitent l’étonnement.

(…) [Après 1686, le maître-maçon italien Jean Spinga, originaire de Novare] peut revendiquer l’honneur d’avoir monté les galeries voûtées et les façades qui entourent les jardins intérieurs des monastères de Saint-Clément et de Saint-Vincent.

(…) En 1669, les bénédictins de Saint-Vincent avaient déposé le jubé monté au XVe siècle dans leur vénérable abbatiale et ils l’avaient transporté sous le grand clocher occidental. Ils lui substituèrent aussitôt une clôture moderne, en marbre rouge et noir de Dinant s’associant harmonieusement au marbre blanc de dix colonnes corinthiennes. De nouveaux autels s’élevèrent en l’honneur de saint Jean et de saint Joseph, en 1682, de saint Benoît et de saint Pierre, en 1686. Le lambrissage du choeur ne devait suivre que plus tard.

(…) [Après la révolution] c’est à Coblence que l’on trouva [l’orgue] qui remplaça à Saint-Vincent l’instrument construit en 1776 par Dupont. Il devait disparaître à son tour quand en 1898, Dalstein et Haerpfer lui substituèrent un ouvrage doté d’un buffet pseudo-classique. (…) »

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