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La lumière étant partiellement présente dans la basilique aujourd’hui pour la marche Metz illuminée, anticipons de deux jours la Sainte-Lucie qui a eu tant d’importance dans l’histoire de l’abbaye Saint-Vincent. Ce culte des reliques, qui nous semble aujourd’hui si peu ragoûtant, voire morbide, a longtemps été considéré comme la richesse des pauvres, un bien plus important que l’or et les pierres précieuses qui les entouraient (source : « Saint-Denis, un prêtre raconte sa cathédrale » par le père Bernard-Jean Berger et Serge Santos, Les éditions de l’atelier).

« Lucie [morte entre 304 et 310, Syracuse (Sicile)] est élevée par sa mère Eutychie dans la foi chrétienne et la dévotion à la martyre sainte Agathe. Selon la légende, Lucie emmène sa mère, malade depuis plusieurs années, sur le tombeau de sainte Agathe pour obtenir sa guérison. Elle entend la sainte lui dire : « Pourquoi viens-tu me demander ce que tu pourras bientôt accorder toi-même à ta mère ? » Sa mère repart guérie. Rentrées chez elles, elles distribuent leurs richesses aux pauvres.

En 304 commence la persécution de Doclétien. Lucie est dénoncée au consul Pascasius par un amoureux éconduit. Rendu furieux par le courage de la jeune fille qui lui tient tête, le consul veut la faire conduire dans un lieu de débauche. Mais miraculeusement, quand on doit la transporter, son corps devient si lourd qu’il est impossible de la déplacer. Il ordonne qu’elle soit brûlée. Comme les flammes l’entourent sans lui faire de mal, Lucie est finalement tuée d’un coup d’épée.

La tradition rapporte que Lucie portait des vivres aux chrétiens qui se cachaient. Pour avoir les mains libres, elle posait une bougie sur sa tête. En Suède et dans les pays nordiques, les célébrations de la sainte Lucie commencent la veille : les enfants cuisent des petits pains et des biscuits au gingembre en forme d’étoiles. Le 13 au matin, la plus jeunes des filles de la maison revêt une robe blanche et une ceinture rouge. Portant une couronne de feuillages garnie de bougies, elle apporte le petit déjeuner au lit au reste de la famille.

Au Danemark, on s’éclaire à la bougie durant la nuit du 13 décembre, renonçant à toute lumière électrique. En Hongrie, sainte Lucie ayant sauvé Syracuse d’une famine, cette fête est le jour de la bénédiction des moissons. Passant de maison en maison, les enfants étendent de la paille sur le seuil et prient à genoux pour chaque famille.

Lucie, témoin de la lumière du Christ, tu nous invites à répandre cette lumière qui nous habite : « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes. » (Mt 5, 15-16) »

Source : « Le grand livre des saints« , Odile Haumonté, Presses de la Renaisance 2010 ; petit clin d’oeil, la couverture de ce livre reproduit le Couronnement de la Vierge de Fra Angelico, dont la version en vitrail, par l’atelier de Laurent-Charles Maréchal, se trouve dans le transept sud de la basilique Saint-Vincent.

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