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Nous avons déjà évoqué sur ce blog le vitrail du couronnement de la Vierge dans le transept sud de la basilique Saint-Vincent et dû aux ateliers Coffetier et Maréchal dans les années 1880. Au milieu du XIXe siècle, les ateliers Maréchal et Champigneulle avaient déjà conçu les vitraux du chœur de la basilique représentant, entre autres, au fond le Christ et la Vierge, à droite Saint Clément et Saint Louis, et à gauche Saint Vincent et Sainte Lucie.

« Né à Metz le 27 janvier 1801, Laurent-Charles Maréchal, qui avait trouvé sa voie en fréquentant de 1820 à 1825 l’Ecole municipale de peinture dirigée par Lutton puis Désoria, devait se révéler bientôt le chef de cette école de Metz par laquelle la critique a reconnu que « Metz avait pris dans l’Art une place spéciale entre Paris et Bruxelles ». Seule la résolution que Maréchal avait prise de donner toute son activité à sa ville natale a pu estomper, sur le plan national, la notoriété de ce magnifique artiste à qui Delacroix mourant marquait encore la plus ferme amitié. Plusieurs de ses élèves, notamment Auguste Rolland et Aimé de Lemud, se sont montrés brillamment dignes du maître, mais entre tous Théodore Devilly, né à Metz le 28 octobre 1818, qui devint directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Nancy, maître vénéré de Prouvé et Friant. Maréchal se distingua particulièrement aussi comme peintre-verrier (…). » (Extrait de « 1648-1848 Metz », publié par les Auspices du Comité des Fêtes du Tricentenaire)

« La réputation de Maréchal comme maître-verrier s’étendait, de son vivant, bien au-delà des frontières nationales. L’art du vitrail, qui semblait frappé à mort depuis le milieu du XVIIe siècle, jouissait d’une faveur nouvelle grâce au romantisme. Dès 1833, Maréchal avait fondé avec Gugnon un atelier de verrier. Ses premiers produits furent exposés à Metz et à Paris en 1839, puis encore à Paris en 1841, 1842 et 1843, et à Metz en 1843. La presse parisienne (les « Débats », le « National », la « Revue du Siècle », « l’Artiste », « l’Univers ») admit d’emblée la supériorité de l’établissement messin sur les établissements rivaux en France. L’atelier, installé d’abord rue des Murs, puis transféré au Fort-Moselle et considérablement élargi, devint une grosse affaire absorbant presque entièrement l’activité du peintre. Selon Anatole Paroissien, les vitraux sortis des ateliers Maréchal se trouveraient dispersés dans plus de 3.000 églises, châteaux, hôtels de ville et hôtels particuliers. De 1855 à 1857, en trois années, Maréchal a produit 331 verrières représentant plus de 250 scènes ou sujets. Dans ce nombre, la Moselle est comprise pour 109 verrières réparties dans 30 communes.  A Paris, Maréchal travaille pour Saint-Vincent-de-Paul, Saint-Germain l’Auxerrois, Saint-Augustin, Sainte-Clothilde, Saint-Philippe-du-Roule et Notre-Dame. Il livre des vitraux à plusieurs églises messines, aux cathédrales de Châlons, Cambrai, Limoges, Troyes, à diverses églises de Nîmes, de Charleville et de Nancy. On en trouve en Angleterre, au Luxembourg, en Italie.

En 1866, un gros incendie détruisit les ateliers Maréchal et anéantit la plupart des cartons et des documents dessinés et amassés depuis plus de trente ans. La perte était énorme. Il fallut reconstituer le fonds des modèles nécessaires à une production considérable.  Maréchal se remit  courageusement au travail. Il céda son atelier à Charles-François Champigneulle, mais en conservant la direction artistique de la maison, désormais appelée « Maréchal et Champigneulle ». Après la défaite, Maréchal et Champigneulle se replièrent à Bar-le-Duc (1872), où Maréchal organisa des cours publics de dessin industriel ouverts aux ouvriers aspirant à l’exercice d’une profession manuelle liée à l’art ou à la décoration. Il y mourut en 1887, âgé de 86 ans. » (Extrait de « Metz et son école de peintres (1825-1870) » de A. Eiselé, Marius Mutelet éditeur, 1959 (à suivre))

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