Sur l’abbaye Saint-Vincent au XIe siècle

Suite à notre article précédent, et pour comprendre l’influence de l’abbaye Saint-Vincent et de son écolâtre Sigebert de Gembloux au XIe siècle, voici un extrait de  » Metz » de Marcel Grosdidier de Matons (collection « Les villes d’art célèbres », Librairie Renouard, H. Laurens Editeur, 1957).

« Plus heureuse [que l’abbaye Sainte-Marie complètement disparue], Saint-Vincent fondée en 968 par l’évêque Thierry 1er a duré jusqu’à nos jours et son église est un des trésors artistiques les plus précieux de Metz. Grâce à la renommée de ses écoles, véritable université où la théologie, les sciences et même les langues orientales étaient en honneur, Saint-Vincent prit rapidement la première place dans le clergé messin et son abbé eut le droit d’officier à la cathédrale en l’absence de l’évêque. Le plus illustre de ses moines fut Sigebert de Gembloux qui y séjourna vint-cinq ans au milieu du XIe siècle. Sigebert est un des esprits les plus curieux du Moyen Âge, l’un des plus indépendants, le meilleur historien de son siècle et le plus critique. Il profita de son séjour à Metz pour fréquenter la communauté rabbinique et pour approfondir sa science de l’hébreu. Il s’était profondément attaché à Metz et parmi ses ouvrages, il nous a laissé un touchant adieu qui est, en même temps que l’éloge, une description précieuse de la cité sur laquelle « la nature a répandu à pleine cornes ses plus précieux trésors, en sus des abondantes richesses dont la fortune l’a pourvue ». »

Publicités